La Nuit Rock

La Nuit Rock
botanique09/05/2009 00h00

Ambiance rock ce vendredi soir aux Nuits Botanique avec les Sud-Africains de Dear Reader, les Britanniques d'Art Brut et les Canadiens de Metric.

Dear Reader, 8/5 à l’Orangerie

L’attachante formation sud-africaine avait la lourde tâche d’ouvrir une copieuse Nuit Rock à l’Orangerie alors que le soleil illuminait encore de ses derniers rayons le jardin Botanique. Le public était donc plus que clairsemé dans la salle, ce qui n’a pas – fort heureusement- freiné l’enthousiasme et la bonne humeur de Dear Reader.

Aussi touchantes en live que sur l’album « Replace Why With Funny » paru chez V2 en février dernier, leurs mélodies pop/folk sont du genre à dévoiler leurs charmes sans fard ou artifice inutile. Quelques notes de piano, quelques arpèges, la voix en apesanteur et le sourire communicatif de Cherilyn MacNeil suffisent à susciter l’émotion. Le groupe de Johannesburg, qu’on aimerait revoir dans d’autres conditions (la Rotonde lui conviendrait beaucoup mieux), évite aussi de tomber dans le piège minimaliste de la scène néo-folk. Un beau moment et de belles comptines. Ni plus, ni moins. - L.L.

Art Brut, 8/5 à l’Orangerie

Sourire aux lèvres, accent cockney et bide de pilier de pub, le chanteur Eddie Argos n’a pas caché son enthousiasme d’offrir aux Nuits Botanique la première prestation de la nouvelle tournée d’Art Brut sur le vieux Continent, quelques jours seulement après la commercialisation de leur album « Art Brut Vs Satan » produit par Frank Black.

Les Pixies restent, de fait, une influence majeure pour cette formation qui noie dans la Guiness tiède amertume d’un dimanche après-midi de pluie sur la Tamise, énergie punk et culture iconoclaste.

C’est fun, c’est souvent loufoque, parfois brouillon mais on apprécie leur bonne humeur et les bons mots d’Argos. Celui-ci est capable d’improviser sur une expo de peinture qu’il a vue à Amsterdam, sur le sourire d’une fan qu’il avait croisée à Glastonbury ou sur les charmes de notre ville. Du rock qui ne se prend pas au sérieux. - L.L.

Metric, 8/5 au Chapiteau

Le combo de Toronto emmené par la belle Emily Haines (qui gardait un très bon souvenir de son passage en solo au Bota voici deux ans) a signé l’une des plus jouissives prestations de cette Nuit Rock.

Le virage pop négocié sur le recommandable album « Fantaisies » sorti chez PiaS le 20 avril dernier (voir notre chronique par ailleurs) prend toute sa dimension sur scène. Dans la mouvance de Garbage, Lush, voire Throwing Muses, Metric mélange guitares furieuses, refrains bubble-gum, zeste d’électro et poses suggestives de sa chanteuse décidément bien agréable à regarder. Musicalement, le groupe a parfaitement consolidé ses bases.

Emily chante et joue des claviers, le guitariste Jimmy Shaw sait se montrer incisif sans tomber dans la démonstration et la section rythmique (Joshua Winstead à la basse et Joules Scott-Key à la batterie) a dû faire ses gammes en écoutant en boucle « Parallel Lines » de Blondie. Une électro/pop fraîche, sexy et diablement remuante comme en témoignent les irrésistibles Help I’m Alive, Satellite Mind et Gold Gun Girls. Foncez acheter l’album… - L.L.

 

Brakes

Annoncés à 22h, la Rotonde était encore vide à l'heure où les Brakes devait commencer. Moins de 10 personnes avaient fait le déplacement mais le groupe ne semble pas s'en préoccuper. Débarqués sur scène comme des roadies, les 4 anglais relookés comme des provinciaux texans font crier leurs amplis dès la première minute. Emmenée par un chauve sosie de Chris Martin, et épaulée par deux barbus bien inspirés, la formation attaque pendant que le public (de plus en plus nombreux) tape du talon et danse dans cette Rotonde aérée. Ca crie, ça transpire, c'est gras et garage à souhait. Certains morceaux rapides rappellent le punk cradingue des Cramps, tandis que d'autres calment une cadence infernale dans un style plus folkeux. Mention spéciale pour leurs mini compos (moins de 10 secondes) jouées et rejouées pour notre plus grand plaisir. J.V. H.

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