Le peuple de l'herbe - Chapiteau: un groupe sous-estimé

Le peuple de l'herbe - Chapiteau: un groupe sous-estimé
botanique10/05/2010 14h37

 Première soirée aux Nuits et, mine de rien, il faut trouver le courage de plonger pieds joints dans ce qui s'annonce comme une semaine éprouvante. Là, les beats des Vermin Twins font déjà tout trembler à l'intérieur comme à l'extérieur du chapiteau.

Première soirée aux Nuits et, mine de rien, il faut trouver le courage de plonger pieds joints dans ce qui s’annonce comme une semaine éprouvante. Là, les beats des Vermin Twins font déjà tout trembler à l’intérieur comme à l’extérieur du chapiteau.

On passe donc notre tour, histoire de préserver un minimum nos tympans. Allez, les Lillois de Skip the Use viennent de leur succéder sur scène, il est temps de pénétrer en-dessous de la grande tente. D’autant que le groupe est précédé d’une petite réputation scénique flatteuse. C’est vrai : leur électro-rock est remuant et le chanteur, un black à crête, en fait des tonnes au micro. Mais après 4-5 morceaux, le set se révèle déjà lassant. A l’heure actuelle, Skip the Use est donc bien à sa place dans le rôle de chauffeur de salle (ou de plaine).

Sur le coup de 22 heures, le Peuple de l’Herbe prend possession des lieux. Et à environ 22h10, après un petit tour de chauffe, toutes nos appréhensions se sont déjà envolées : le concert s’annonce très bien, comme d’hab’ avec les Lyonnais. Deux, trois morceaux de drum’n bass instrumentale, dopée par la trompette de N’Zeng , l’hymne « PH Theme » et le tour est joué : le public est conquis, chaud bouillant et les Français peuvent tout se permettre, mêmes des incursions moins réussies du côté du rock ou du rap. Le plancher du chapiteau est fort secoué, ce qui est d’ailleurs fort pratique lorsqu’on veut faire semblant de danser sans trop bouger les jambes, et quelques jeunes s’initient au « crowding surfing ».

Mis à part les rythmes sautillants, les saveurs ragga-dub à d’autres moments et l’excellent intermède beatbox de JC 001, le Peuple excelle lorsqu’il explore les mêmes territoires groovy et cinématiques qu’un groupe comme « Herbaliser ». Et si leurs concerts sont moins débridés au fil des ans, ils gagnent en maîtrise musicale ce qu’ils perdent en folie. Au point qu’on les classerait bien dans le rayon « groupes sous-estimés ». Du moins sur scène. A coup sûr, une des têtes d’affiche du prochain festival Esperanzah qui vient de confirmer leur présence.

Pascal De Gendt

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