
Trois univers et trois manières de les partager avec le public. Hormis
la langue - le français - et la scène du Cirque, rien ne lie Roussel,
Barris et Fleurent-Didier.
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Trois univers et trois manières de les partager avec le public. Hormis la langue - le français - et la scène du Cirque, rien ne lie Roussel, Barris et Fleurent-Didier. Rien mais tout à la fois. Ce mardi soir, ces trois-là ont donné du plaisir aux yeux et aux oreilles et composé un panorama délicieux de la chanson française actuelle
Intimidé, l'a-t-il lui même avoué, d'ouvrir la soirée devant un Cirque sage et attentif, Samir Barris n'a pu que toucher les cœurs avec ses cordes chaudes, ses mélodies séduisantes, sa voix de jeune mec épatant et ses yeux bleus. Ah, ces yeux bleus, ils étaient sur toutes les lèvres de filles suspendues à celles d'un chanteur enchanteur. Sa prestation d'une petite heure a prouvé, s'il fallait encore le prouver, que le beau gosse a le sens du rythme et du mot.
S'est ensuite pointée une silhouette fine et blanche, un personnage qui cultive l'étrange. Revenu tout bronzé de la Méditerranée - il a vraiment tenu à nous le préciser - et encadré de musiciennes fatales, Arnaud Fleurent-Didier est venu défendre "La Reproduction", opus soutenu par un tapis de beats sombres et par les notes planantes d'un clavecin électronique. D'une voix venue d'ailleurs, il nous a rappelé les malheurs de notre ère et les affres d'une génération, celle de mai 68, qui ne manque pas d'air. Fleurent-Didier est un guide touristique braque avec qui on aurait aimé voyager toute la nuit.
Mais il a fallu écourter la croisière pour faire cap sur l'étoile de la soirée: Gaëtan Roussel, l'âme de Louise Attaque et de Tarmac, aujourd'hui sur les routes en solo. En solo mais pas seul: duo de choristes, pair de batterie, gratte électrique qui déchire et bassiste à la masse qui, le temps d'un rappel s'est pris pour un crooner.
Mais celui qui a allumé la mèche d'un set explosif et joyeux, c'est lui, Roussel. Un gars au visage tendre, au chant souriant, à l'humanité palpable et à la simplicité qui tranche avec la sophistication de la scénographie. Avec générosité et sens de la fête, il a donné absolument tous les titres de son "Ginger", tant et si bien qu'en ultime rappel, il n'a pu que reprendre Help Myself (Nous ne faisons que passer), son génial single entêtant. Un pur bonheur pour un cirque debout, dansant, déchaîné. Roussel a mis le feu. Il n'y avait heureusement aucun pompier sur les lieux. - J.B.
Tags: Gaetan Roussel, lingerie, Les Nuits, Printemps-Eté 2011, Samir Barris, Arnaud Fleurent-Didi, Luna
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