
Combien de jeunes fans de hip-hop connaissent Gil Scott-Heron,
chanteur, poète et romancier souvent considéré, avec les Last Poets,
comme le parrain de la scène rap? Très peu, au vu du public assis dans
le Cirque mercredi soir.
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Combien de jeunes fans de hip-hop connaissent Gil Scott-Heron, chanteur, poète et romancier souvent considéré, avec les Last Poets, comme le parrain de la scène rap? Très peu, au vu du public assis dans le Cirque mercredi soir.
Même s'il n'y a pas que des vieilles barbes, preuve que la voix de ce héraut de la contre-culture américaine touche encore les jeunes générations. Autant l'écrire tout de suite: le public, complètement acquis, est venu célébrer une icône que l'on croyait pourtant définitivement perdue après un passage par la case prison au début de ce nouveau siècle. Mais non, il est toujours là. Il rentre sur scène sans prévenir, grand escogriffe à la barbe blanche, costume gris clair et casquette de papy de la même couleur sur la tête et, pour mettre tout le monde à l'aise, ne joue pas la star une seule seconde entamant son set par un petit bavardage avec le public, une sorte de stand-up plein d'humour. Il rejoint ensuite son orgue pour entamer, seul, quelques vieux morceaux de sa voix devenue rocailleuse. Avec Winter In America ou New-York Is Killing Me, il plonge la salle dans son monde parallèle fait d'histoire de ségrégation, d'exclusion et d'oppression. Après une vingtaine de minutes de ce spoken word bluesy, trois musiciens (un percussionniste derrière ses congas, un synthé Roland et un saxo/flûte/harmonica) le rejoignent. La musique, aux confins du jazz, du blues et de la soul, se fait alors envoûtante et la scansion des phrases hypnotique. De temps en temps, on regrette cependant l'absence d'une basse ou d'une batterie pour élever le rythme.
Quand arrive l'heure de jouer l'hymne The Bottle, on se doute que la fin approche: un époustouflant solo de congas et un rappel plus tard, les lumières se rallument. En quittant le Cirque, on se dit que le meilleur souvenir de cette célébration de 90 minutes restera sans doute l'incroyable chaleur humaine que dégage cet homme avec un grand H. Vivement que l'on recroise sa route, sans doute dans quelques semaines, le 17 juillet au Gent Jazz Festival. - Pascal De Gendt
Tags: Armani, Les Nuits, Chanel, Gil Scott-Heron, Last Poets, Elisa Sednaoui
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