
Plus c'est débile, plus c'est bon. Plus c'est n'importe quoi, plus c'est énorme. Une nouvelle génération d'humoristes américains fonce tête baissée...
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La petite histoire ne vaut d’être racontée que si elle illustre la grande. Quelques minutes avant notre entretien avec Ben Stiller (voir encadré), une attachée de presse en sueur entre dans la pièce, se jette sur le bouton de réglage de conditionnement d’air et ajoute à l’ambiance glaçante en envoyant de l’air qui gèle, au propre cette fois, la poignée de journalistes présents.
Un peu plus tard, Stiller fait son entrée avec la moue des jours contrariés. "Il s’est passé deux choses. D’abord, j’ai juste dit que j’avais un peu chaud, je n’ai jamais exigé que l’on baisse la température ambiante de tout l’hôtel. Ensuite, ma remarque à peine dite, les gens autour de moi ont ri!" Quand on est une star planétaire de l'humour, on ne peut pas transpirer impunément sans déclencher une hilarité hypocrite. C'est aussi, un peu, de sa faute.
Depuis ses débuts dans Something About Mary des frères Farrelly (à qui l’on doit aussi Dumb and Dumber), Ben Stiller cultive une image de garçon taillé pour ce que les Américains qualifient d’"humour stupide". Quelque part entre l'humour potache, les comédies ados, les vannes à deux balles et une dévotion pour Wayne's World (classique de la "stupide comedy"), Stiller a souvent été confondu avec sa réputation. "Pour La Nuit au musée 2, nous avons filmé quelques plans dans le Smithsonian Museum de Washington durant les heures d’ouverture, explique-t-il. Quand je buvais un verre d’eau entre deux prises, les visiteurs me regardaient en pouffant. J’étais devenu une sorte d’expo dans l’expo, un phénomène de foire." Peut-être plus pour longtemps.
Avec la vague estampillée "nouveaux comiques stupides" qui, ces dernières années, squatte les comédies US pour ados, Ben Stiller sait bien qu'à l'instar d'un Jim Carrey, d'un Adam Sandler ou même d'un Steve Carell, ses jours sont comptés avant qu’il ne se fasse totalement submerger, s’il ne change pas de registre. "C'est normal, ils ont tous la petite trentaine. Moi, j'en ai 43! Et en plus, dans le sens positif ou négatif du terme, ils font preuve d’une audace absente dans ma génération."
Une génération qui ne recule devant rien pour repousser les limites de la bêtise et du mauvais goût à l'écran. Le paroxysme étant atteint avec ces "conneries qui cartonnent au box-office, peut-être parce qu’elles avouent ouvertement ce qu’elles sont", comme nous le disait Steve Carell à l’époque de la sortie de 40 ans, toujours puceau, chef-d'œuvre du genre.
Dans ce style d’une profondeur proportionnelle au puits de mauvais goût qui sert de fonds de commerce à ces films, American Pie (dont le premier volet date de 1999) fait figure de précurseur et de carte de visite. Construite sur le "subtil" dosage d’une bonne moitié de blagues à caractère sexuel et d’un demi-seau d’humour scato, cette plongée dans le glauque a cartonné dans les salles (plus de 100 millions de dollars de recettes rien qu’aux Etats-Unis!) et en DVD. Au point qu’un des acteurs, Seann Williamn Scott, 22 ans à l’époque, est immédiatement passé du stade de parfait inconnu à celui de chouchou des fans de rires gras.
Tags: Ben Stiller, comédie, La nuit au musée
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