
On croit qu'il est né de mauvais poil et pour tirer la gueule. Il prouve le contraire dans son autobiographie et dans cette rencontre...
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Michel Sardou a chanté "Elle court, elle court, la maladie d'amour. Dans le cœur des enfants de 7 à 77 ans". Mais Michel Sardou a aussi chanté "Tu n'as plus besoin d'un avocat. J'aurai ta peau, tu périras. Tu as tué l'enfant d'un amour. Je veux ta mort. Je suis pour" - en prenant position pour la peine de mort. Pour l'observateur fainéant, tout Michel Sardou est résumé entre ces deux extrêmes qui en ont fait l'un des chanteurs les plus populaires mais aussi l'un des plus regardés de travers. Souvent victime de ce genre de raccourcis (réactionnaire, facho, misogyne...), il semble enfin sorti du purgatoire seventies, ce qui n'a pas eu beaucoup d'effet sur sa misanthropie médiatique. Moins on le voit, mieux il se porte. Mieux il se porte, plus il se tait.
Tanné par Bernard Fixot (l'homme qui édite les romans de son fils - Romain Sardou), et pour financer l'achat de quelques hectares de terrain qui serviront à séparer ses vaches de ses moutons, Sardou s'est laissé faire. Il publie Et qu'on n'en parle plus, titre qui rabat le caquet pour une autobiogaphie sous forme de dialogue avec sa mère, une femme qui, visiblement, s'est toujours beaucoup penchée sur ses affaires - linge sale, histoires secrètes, manies maladroites. "J'ai décidé de parler de moi avec humour, explique-t-il, du haut de sa stature de pas commode. C'est ce que les gens connaissent moins de moi. Je suis drôle, mais les gens ne le savent pas. C'est ma mère qui me disait "T'as beau faire la gueule, t'es un comique"Verdict.
Vous racontez votre vie dans un long dialogue avec votre mère, Jackie Sardou et vous lui faites dire des choses assez gênantes. Passer par elle, est-ce par pudeur ou par lâcheté?
Michel Sardou. - Par pudeur. (Silence.) Et un petit peu par lâcheté, avouons-le. Il y a des choses que je n'avais pas envie de dire directement, et comme je suis un grand faux cul, je les fais dire à ma mère.
Mais elle ne vous lâche pas la grappe, notamment sur des histoires de maîtresses, des histoires de coucheries et vous lui répondez, inlassablement: "J'ai dit: pas de fesses".
Je ne voulais pas tout mélanger. J'ai mis de côté les choses qui impliquent des femmes, des gens qui n'ont rien demandé et qui se découvrent dans un livre. Un livre comme ça, ça peut foutre le bordel. Tout ce que j'ai écrit sur ma deuxième femme, par exemple - Babette, je lui ai envoyé avant pour lui faire lire. Je n'avais pas à le faire, mais je trouvais ça courtois. C'est la mère de mes fils, on a quand même passé 23 ans ensemble et elle en a eu de la patience avec moi. Mais que ce soit pour ma première femme Françoise, ma deuxième femme ou Anne-Marie qui est mon épouse actuelle, pour moi, c'était aussi l'occasion de leur dire combien elles ont compté. C'est un merci qui vient tard, je le reconnais, mais il est là.
Votre épouse, Anne-Marie Périer, que vous avez écartée de la rédaction du magazine Elle qu'elle dirigeait jusqu'à votre mariage en 1999.
Pas du tout! Je ne lui ai rien demandé. C'est elle qui m'a dit: "Je m'occupe de toi". Je me demande même si elle n'aurait pas mieux fait de rester à Elle, j'aurais été moins emmerdé (rire). Mais je plaisante... C'est elle qui m'a poussé à écrire ce livre. Elle me disait "On raconte tellement n'importe quoi sur toi, écris".
Quand vous commencez à fréquenter les femmes, vous commencez fort. Vous avez été initié à l'amour par deux filles en même temps...
C'est le coup du roi! Je n'en suis pas fier, mais très heureux. Quand je me croise dans la glace de la salle de bains, je me salue! Et je vous garantie que c'est... enfin, soit. Evidemment, je ne sais pas ce qu'elles sont devenues.
[...]
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