
La chanteuse du trio le plus tendance de New York s'est assagie. En privé seulement...
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Furie sexy trash lorsqu'elle se produit avec son groupe Yeah Yeah Yeahs, Karen Lee Orzolek, 30 ans, est une jeune femme polie et posée lorsqu'elle reçoit dans sa loge. "Lors de nos premiers concerts en 2001, en première partie des White Stripes, je montais sur scène avec une fausse assurance, avoue-t-elle. Je devais oublier qui j'étais dans la vie de tous les jours pour avoir confiance. Au fil des années, c'est devenu un comportement naturel, comme s'il y avait deux personnalités en moi."
Considérés à leurs débuts comme le fer de lance de la nouvelle scène arty/punk de New York, aux côtés des Strokes ou de Radio 4, les Yeah Yeah Yeahs négocient parfaitement un virage à 180 degrés avec "It's Blitz!". Paradoxalement, c'est en enregistrant en dehors de Manhattan que le trio a signé son disque le plus new-yorkais. Paru en avril dernier, ce troisième album combine la new-wave péchue de Blondie, l'énergie punk du CBGB's et toujours cette éclatante modernité sublimée par le producteur le plus coté du moment, David Sitek, leader de TV On The Radio. "De manière assez paradoxale, c'est en enregistrant en dehors de Manhattan que nous avons signé notre disque le plus new-yorkais", s'amuse Karen O, née en Corée du Sud mais élevée près des tours de Manhattan.
Les sonorités de votre nouvel album "It's Blitz!" évoquent les années 80. Qu'écoutiez-vous alors?
Karen O. - J'avais 5 ans lorsque la chaîne musicale MTV a été lancée (en 1983 - NDLR). J'ai grandi avec Michael Jackson, Madonna, We Are The World et d'autres choses horribles comme Poison ou Mötley Crüe. Ce n'est qu'à l'adolescence que j'ai commencé à me faire ma propre culture musicale.
Vous rêviez déjà d'être chanteuse?
Non. Avec mon frère aîné, je montais des petits spectacles à la maison. Je me déguisais, je faisais la sotte en public alors que j'étais une petite fille assez réservée. J'ai su très vite que j'allais exercer un art de la scène, mais je pensais plutôt au théâtre. Lorsque j'ai quitté le New Jersey pour suivre les cours à la Tisch School Of Arts de New York, j'ai découvert Sonic Youth, Pavement ou Jon Spencer, avant de rencontrer Nick (Nick Zinner, guitariste de Yeah Yeah Yeahs - NDLR)au Mars Bar dans l'East Village. Nous étions en 2000, c'était hier.
Vous venez d'avoir 30 ans. Comment voyez-vous l'avenir?
J'essaie aujourd'hui de prendre le temps d'apprécier les choses. Je ne me laisse plus emporter par le tourbillon. Je bois moins et je fais attention à ma voix. En huit ans, elle a évolué, mais j'aime mieux la fille qui chante sur "It's Blitz!" que la Karen O de notre premier EP "Bang" en 2001.
Vous venez de quitter la côte Est pour vous installer à Los Angeles. Que regrettez-vous le plus de New York?
Certainement pas la pluie! Ce qui me manque le plus, c'est la dimension sociale de New York. Il y a un côté village et convivial qu'on ne retrouve pas à Los Angeles où personne ne marche dans la rue, sauf pour faire du shopping à Beverly Hills.
Dans la chanson Heads Will Roll, vous criez "Danse jusqu'à en mourir!". Quelle chanson pourrait vous mettre dans cet état?
Pour moi, les chansons idéales sont celles qui créent un climat hypnotique sur la piste de danse mais qui suscitent aussi des larmes, qu'elles soient de joie ou de tristesse. Love Will Tear Us Apart de Joy Division me procure ce double effet.
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