
CD et livres sortent. Suit une soirée télé. Mais Marc Moulin suscite toujours autant de questions que d'admiration.
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Il n'était peut-être pas une énigme. Mais quand même. Derrière l'ironie, les coups à gauche, la baston à droite, sait-on au fond ce qu'il pensait? Ce qui lui importait entre la musique, les médias, l'écriture, la vie? Il n'est pas facile de faire parler de cet ours au cœur tendre. Ses proches veulent respecter sa légendaire discrétion. "Je ne suis pas sûr que Marc aurait aimé entendre tout ça", a prévenu Pierre Kroll, un ami de quinze ans, dont onze d'Humoeurs. Laurence Fasbender, la compagne de Marc pendant trente ans, aujourd'hui chargée des achats de documentaires pour Questions à la une, ne serait pas fâchée qu'on ne publie rien de ce qu'elle nous a dit. Mais ils ont parlé, pour dire ce qu'ils savent, et pour rassurer tous ceux qui, lecteurs ou auditeurs, sans l'avoir si bien connu, ont cru deviner l'essentiel.
Laurence Fasbender. - J'ai travaillé pour Marc en étant une assistante à Radio Cité. C'était quelqu'un d'une culture exceptionnelle. Comme il nous impressionnait et qu'il était aussi très gentil, comme les autres (je n'étais pas amoureuse de lui à l'époque), je ne voulais pas le décevoir. Il provoquait une émulation positive dans les équipes. Il a vu chez des gens des potentiels qu'ils ignoraient. Raoul Reyers, par exemple, ne savait pas qu'il était si drôle. Il adorait travailler avec les comédiens pour ses pièces. Il adorait aller aux fêtes de Télé Moustique.
Pierre Kroll. - C'est lui qui a voulu que j'intègre le Jeu des dictionnaires. Il m'a dit son estime pour mon travail. Il aimait rire, mais pas de n'importe quoi. Quand on réussissait à l'amuser, on savait qu'on avait fait du boulot de qualité. J'ai été impressionné dès le premier contact, par son passé, sa voix, son physique. Il pouvait affirmer les choses avec force. Et puis, à un moment, on passait un palier et là, on avait un ami qui disait: "Je doute tout le temps." Quand quelqu'un de sa stature avoue ses doutes, vous ne vous en voulez plus de vous poser des questions.
L.F. - Chroniques, théâtre, musique, il aurait pu tout mener de front s'il n'avait senti que la RTBF avait changé. Ça l'a fait fuir, mais la radio était très importante pour lui. C'était un homme de radio et ses amitiés de radio, comme Martine Cornil, ont été très importantes.
P.K. - A la fin, il s'amusait de ne plus avoir de bureau. Je le taquinais en disant qu'il était payé à ne pas foutre grand-chose, mais il ne vivait pas ça avec bonheur. Cette machine qui écrase les talents l'avait déçu. On lui avait confié des missions sans écouter ses recommandations. Il avait vu des amis ne pas toujours bien se comporter…
L.F. - Marc était toujours en éveil. Au milieu d'une discussion, tout à coup, il pensait à un morceau et il chantonnait son idée dans un petit enregistreur. Même chose pour ses Humoeurs. Mais là, j'avais un petit rôle. Comme je suis une malade d'infos, je lui notais des choses. La maison était infestée de Post-it. La nuit, ça continuait à tourner. Je l'ai parfois entendu rire en dormant. Le matin très tôt, il écrivait. Il me demandait toujours de relire. Il appelait ça "le comité de visionnage", comme l'émission de Canal + avec Edouard Baer.
P.K. - On avait au moins un rendez-vous téléphonique par semaine. On discutait longuement. Il m'envoyait le texte. Je faisais le dessin et il le découvrait dans le Moustique. Franchement, à part les dimanches de communion où j'avais bu quelques verres de trop, c'était à chaque fois un plaisir.
P.K. - Ses Humœurs, c'était presque une "mission". Dès le début, son intention était de développer des réflexions sur le monde qui puissent parler à tous. On s'amusait de sa formule: un "philosophe de variété". Il ne voulait pas écrire dans un journ
Tags: Marc Moulin, Pierre Kroll, humoeurs, Laurence Fasbender
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Je partage l'avis des autres internautes.
par Julie à 24/11/2011 12:20
Je le regrette tout autant que Catherinette.
par Vincent Alexandre à 13/05/2011 10:34
Au Moustique,
N'y a-t-il plus assez de place pour archiver les humoeurs du grand Marc? Je regrette beaucoup de ne pas les avoir retrouvées ici.
par Catherinette à 28/04/2011 20:09