
Auteur à Hollywood, il flingue un système qu'il estime dépassé.
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En 2006, avec Bubble, moyen métrage de 73 minutes diffusé simultanément en salle, en DVD et sur les réseaux câblés de films à la demande, Steven Soderbergh a lancé un fameux défi à l'establishment hollywoodien: démontrer que la technologie numérique permet de chambouler le système de distribution cinématographique traditionnel. Un sacré pari à moitié réussi par le producteur Soderbergh. Si son initiative a fait des vagues, le système de distribution (salle/DVD/télé) est resté en place. Et perdure.
Et puis, il y a Soderbergh le réalisateur. Un prodige du cinéma américain tout à tour partagé entre projets "expérimentaux" (Solaris, Full Frontal), audacieux (Che, The Good German) et grands formats (Traffic, la trilogie Ocean). Cette année, il signe The Informant, thriller loufoque avec Matt Damon dans le rôle d'un cadre supérieur qui, irrité par la corruption qui pollue sa société agroalimentaire, décide de tout balancer au FBI. "A la base, dit-il, je ne voulais pas m’aventurer dans le registre de Révélations, ni réitérer ce que j’avais déjà fait sur Erin Brokovich. Cette histoire-ci, qui est vraie de surcroît, était, elle, tellement folle, tellement insensée que les gens allaient forcément en rire. C'est du moins l'intention de départ."
Un film qui, s'il est avant tout le portrait d'un homme, met aussi en lumière les tractations secrètes qui cimentent les accords entre grosses sociétés. "Mais ne comptez pas sur moi pour vous sortir une généralité du genre: "Toutes les grosses sociétés sont corrompues". Ce serait grave de raisonner de la sorte. Si on prend la peine d’analyser ce qu’est la corruption, on constate qu'elle existe en chacun de nous. Le capitalisme n’est qu’un simple mot pour parler d’une ambition et d’une combativité avec lesquelles naît tout être humain. C’est un élément clé de notre survie, lorsque nous devons tuer pour manger. Aujourd’hui, cet instinct s’exprime différemment, dans un autre environnement. Reste une idée essentielle: "Si un jour vous vous retrouvez à la tête d’une énorme compagnie, vous allez forcément rencontrer la corruption et la cupidité". Je ne suis pas d’accord. A la base, tous ces vices sont déjà en nous. Le problème ne concerne donc pas les multinationales ni les corporations en soi mais bien - comme le film le montre - certaines personnes qui y travaillent."
Si dans The Informant! l'économie ultralibérale et ses énormes sommes détournées jouent un rôle moteur, pour Soderbergh, comme pour beaucoup d'autres réalisateurs, la crise, la vraie, est également passée par là. Jusqu'à le priver d'un tournage. "Tout est en train de se contracter. Les studios prennent moins de risques. Le milieu dans son ensemble devient plus frileux parce que globalement, moins d’argent est injecté. Dans ce contexte, le débat "studio ou indépendant" ne tient plus vraiment la route: l’aventure devient difficile pour tout le monde. Croyez-moi, à l’avenir, il y aura moins de films et davantage d’homogénéité, censée reproduire ce qui a bien marché auparavant. Je suis certain qu’un film comme The Informant! n’obtiendrait pas le feu vert aujourd’hui. De même, j'ai récemment été viré d'un projet (Knockout, dans la veine des Jason Bourne - NDLR) parce que ses producteurs n'en voyaient pas le potentiel commercial, du moins sous ma direction!"
Malgré ce revers qui aurait pu le laisser amer, Soderbergh ne baisse pas les bras: "Mon job sera toujours d’essayer de nager à contre-courant!" Il travaille sur un projet de minisérie et deux longs métrages. Le premier racontera la vie de Liberace, un chanteur "foldingue" célèbre pour ses accoutrements extravagants à la Elton John des années 70. Le second sera une comédie musicale sur la vie de Cléôpatre. Liberace sera incarné par Michael Douglas. Et Cléopâtre par Catherine Zeta-Jones. "Elle est toujours partante. Ce ne sera pas
Tags: coiffure, Pantene, Sam McKnight, bande-annonce, Steven Soderbergh, The informant, Erin Brokovich, grunge
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