Vampire Weekend: Le rock and roll du XXIe siècle

Vampire Weekend: Le rock and roll du XXIe siècle
culture05/01/2010 09h17

Ces quatre New-Yorkais dans le vent sont considérés comme les sauveurs de la pop. Et comme les modèles de demain.

 Il y a trois ans, un groupe pop new-yorkais, baptisé en hommage au film gore préféré de son chanteur, voyait une de ses chansons (Cape Cod Kwassa Kwassa) intégrer la liste des cent meilleures morceaux de 2007 établie par le magazine Rolling Stone. Quelques mois plus tard, c’est au tour de Spin, revue musicale indépendante de référence, de couronner Vampire Weekend "meilleur groupe de l’année". Le souci? A l'époque, le groupe n’a pas sorti un seul album!

 Ce premier disque, sans nom, arrive en janvier 2008. L’effet est immédiat. La hype est justifiée et le bouillant Cap Code Kwassa Kwassa n’est pas qu’un feu de paille. Pris en charge par le manager des White Stripes, les quatre gamins ne passent pas par la case départ, mais sautent directement dans les festivals les plus prisés, tant aux Etats-Unis qu’en Europe où on les croise notamment au Botanique et au Pukkelpop. "Du jour au lendemain, nous avons été forcés à nous professionnaliser, se souvient Ezra Koenig, sympathique leader du groupe. Nous n’avons pas le temps de rentrer pas à pas dans ce monde du rock et des tournées. La plongée a été vertigneuse."

 Ce treize janvier, Vampire Weekend sort "Contra", l’un des disques les plus attendus de l’année. Le groupe s’étale aussi, et plutôt bien, dans l’édition américaine du Vogue Hommes, shooté par la prestigieuse photographe Kirstie Shanley, aux côtés de The Horrors ou MGMT, sous le titre glamour et choc La nouvelle génération des rock stars.

Bien avant cette édition de janvier du Vogue Hommes, la presse musicale vous qualifiait de "sauveurs du rock"... Est-ce justifié?
Ezra Koenig. - Il ne faut rien exagérer. On a vendu plus de disques que ne l’espérait notre label en nous signant et les gens veulent venir à nos concerts, mais ce qui nous tombe dessus arrive à plein d’autres groupes. Nous ne sommes qu’une simple formation pop parmi tant d’autres.

"Simple", ce n’est plus tout à fait vrai. Pour réaliser cet entretien, nous avons été soumis à des mesures de sécurité et d’embargo draconiennes comme on en réserve à Coldplay ou à Madonna. Pas très rock'n'roll tout ça!
Disons que c’est le rock and roll du XXIe siècle. Notre firme de disques craint le piratage. Mais on peut voir le bon côté des choses. Toutes ces mesures montrent que nous sommes peut-être importants, mais qu’on respecte aussi notre travail.

Etre plus important signifie aussi disposer de plus de temps pour travailler...
Oui, nous l’avons clairement senti. On nous a donné le temps et les moyens nécessaires. Nous avons pu interrompre les sessions dans notre studio à New York pour de petits voyages très instructifs ou une tournée d’été en Europe (le groupe a dévoilé une poignée de nouveaux titres au Pukkelpop en août dernier - NDLR). On a vécu ainsi une belle expérience au Mexique qui nous a inspiré des nouveaux titres. Par exemple à Coyoacan, un quartier de Mexico City où vivait la peintre Frida Kahlo. Le fait de nous trouver là suffisait à emmener notre esprit vers d’autres horizons musicaux. Un producteur de Monterrey nous a fait aussi écouter plein d'artistes sud-américains que nous ne connaissions pas. C’est l’addition de tous ces petits éléments qui nous a permis d’enregistrer un disque beaucoup plus varié que le précédent.

Votre style musical est souvent décrit comme de l’"Upper West Side Soweto"? Pouvez-vous nous expliquer?
C’est effectivement l’étiquette que les médias américains ont trouvée pour résumer notre façon de coller du rock new-yorkais à de la musique classique et à des rythmes africains. La musique africaine est d’une richesse insoupçonnée. Je pense que tout a été inventé dans le rock "classique", et que c’est désormais là-bas que se nichent les prochaines découvertes musicales.

[...]

On a parfois l’impression que le mélange des genres est votre marque de fabrique..

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