
Amoureux de la nature, Perrin et Cluzaud ont plongé leur caméra dans les profondeurs océaniques pour filmer un incroyable opéra sauvage.
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Les cinéphiles se souviennent encore de lui dans les films de Costa-Gavras, Jacques Demy ou encore Pierre Schoendoerffer. C'était avant. Avant que Jacques Perrin ne se passionne pour la nature, pour les animaux, pour notre terre. Pour ses richesses mais surtout pour sa sauvegarde. Depuis Le peuple singe en 1989, suivi en 1996 de Microcosmos, du Peuple migrateur en 2001, des Ailes de la nature l'année suivante et, pour le Futuroscope, des Voyageurs du ciel et de la mer en 2004, il n'a pas cessé, comme producteur, conseiller ou narrateur, de humer les parfums de la vie sauvage. Mais aussi de tirer la sonnette d'alarme.
Après l'air et la terre, Perrin, en tandem avec le réalisateur Jacques Cluzaud, chante cette fois un hymne à la mer. Ou plutôt aux océans. Arctique, Atlantique, Indien, Pacifique et Antarctique. D'immenses espaces où vivent encore des espèces ignorées. Mais aussi menacées par la surpêcche et la pollution. Océans évoque cela également. Dans une reconstitution, certes, mais à la mise en scène hyperréaliste, impitoyable. Comme pour mieux souligner, dans cette extraordinaire symphonie à la beauté marine, le crime que l'être humain y commet quotidiennement.
Pour Océans, vous avez accompli un travail de très longue haleine.
Jacques Perrin. - Oui, ce film nous a pris quatre ans. A raison de trois équipes qui y ont travaillé, cela fait douze ans de travail. On a pris le temps d'attendre.
Vous avez filmé 200 espèces différentes, mais 80 seulement se retrouvent dans le film. Les 120 autres n'étaient pas aussi attrayantes?
Jacques Cluzaud. - A six mois de sa sortie, la première version d'Océans durait trois heures. C'était trop. Les coupes, déchirantes, ont été effectuées en fonction de ce qu'on racontait. Il ne s'agissait pas de livrer un "catalogue d'espèces". Certaines d'entre elles n'ont jamais été filmées auparavant. Ce n'est pas pour ça que ces images ont été automatiquement incluses. Un moment exceptionnel devait correspondre au discours du film. Ainsi avons-nous retenu une pieuvre au Japon mais pas un bébé de baleine bleue, dont les images sont pourtant inédites.
J.P. - C'est comme une partition musicale. On peut tomber sur une note formidable mais qui n'y entre pas. A certains moments, on ne guide pas le film, on l'assiste.
J.C. - Cela dit, même 200 espèces, c'est rien par rapport à ce qui existe. On en a dénombré 240.000 dans le monde.
On pourrait penser qu'Océans ne se déroule que sous l'eau. Or, vous commencez par montrer des animaux qui en sortent. Comme la vie, née de l'eau.
J.P. - C'est exactement ça. Même s'il existe, d'autres théories. Mais l'iguane posant sa patte sur terre aux Galapagos, regardant ensuite le monde, cela donne au film un premier caractère symbolique et impressionniste. De même, on a mis un minimum de commentaires. Trop décrire, trop expliquer nous aurait perdus.
J.C. - L'iguane est bien représentatif. Il a des allures d'animal préhistorique alors que c'est l'un des plus évolués qui soient! Il est retourné à l'eau après en être sorti. C'est le seul animal du genre qui broute (des algues) et qui se nourrit sous l'eau. Il nous permet d'affirmer qu'avec Océans, on n'est pas dans le documentaire scientifique mais à un autre niveau de contact.
On peut même parler de film "anthropomorphique". L'iguane nage comme un plongeur, le morse tient son petit comme l'humain un bébé dans ses bras...
J.P. - Absolument. Tout dans le film nous renvoie à notre propre image.
J.C. - Et, dans certains cas, une image de tendresse absolue.
J.P. - Souvenez-vous du Peuple singe: les premières images sont celles d'une maman orang-outan avec son petit. Quand on voit la manière dont il
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