
Il l'avoue lui-même. Une des grandes originalités de ce remake de Wolf Man, bijou du cinéma de série B des années 40, c'est sa présence.
On l'a vu dans du Abel Ferrara (Nos funérailles), du Sean Penn (The Pledge),chez Julian Schnabel (Basquiat), chez Terry Gilliam (Las Vegas Parano) et dans du Soderbergh (Traffic et les deux parties de Che). Il prête sa gueule, animale (déjà bien exploitée visuellement dans Sin City), à un des archétypes les plus célèbres de la littérature gothique, le loup-garou. Une réussite qui mixe art du jeu et art du make-up.
Vous êtes un grand fan des films d'horreur...
Benicio Del Toro. - Et comment! Mes premiers souvenirs de cinéma - je devais avoir 4 ou 5 ans - sont précisément tous ces films d'horreur sortis par le studio Universal. Frankenstein, La momie, Dracula... Je crois que j'ai connu Boris Karloff avant Mickey Mouse! Ça tenait aussi à mes cousins - dix-huit au bas mot et tous plus âgés - qui m'avaient initié aux films de dinosaures, à King Kong et à toute cette clique.
Ces cousins, comment vous voient-ils aujourd'hui que vous êtes une star de cinéma?
Les plus vieux, je pense, me voient encore comme le petit garçon que j'ai été, qui a grandi en leur compagnie. Les plus jeunes, eux, peuvent bien me considérer comme un héros! Ce serait mérité, non? (Rire.)
Etes-vous à l'origine de ce remake de Wolfman?
Oui, avec mon manager. C'est nous qui en avons proposé l'idée à Universal, qui y a vite mordu (sourire). On l'a suggéré juste avant le tournage de Che et la machine s'est rapidement emballée.
Quelle est l'originalité de cette version?
D'abord, elle est en couleur! Et je suis à l'affiche. Anthony Hopkins aussi. C'est déjà pas mal, non? La relation entre Hopkins, qui joue mon père, et moi est également plus complexe et intéressante. Et puis, le monstre est mortel puisqu'on peut le tuer d'une balle en argent. Ce qui signifie que le cauchemar peut prendre fin.
Par rapport à Che, la transformation physique a encore été plus exigeante.
Parce qu'on voulait aussi rendre hommage aux films des années 40 et 50 où les différents monstres créés l'étaient avec une gande précision. C'est pour ça qu'on a engagé Rick Baker, le plus grand spécialiste du maquillage. Le revers de cette volonté c'est que, chaque matin, j'étais trituré pendant quatre heures. Mais se faire poser un masque n'est, en soi, pas difficile. L'enlever, si. C'est comme si on rayait le parquet!
Mais le résultat vaut la peine. Vous êtes vraiment effrayant!
Un jour, des enfants de techniciens sont venus en plateau. Je les voyais qui voulaient jouer aux durs et montrer que les monstres, ça les connaissait. Ils n'avaient simplement pas prévu que, la scène tournée, je me précipite vers l'écran de contrôle, où ils étaient juchés, pour vérifier la prise. Je suis déjà assez grand, vous m'imaginez donc dans le rôle: je peux vous dire qu'ils se sont tous tenus à carreau! Plus tard, j'ai aussi pétrifié un gars qui venait me chercher dans ma loge. Il m'y avait laissé quelques heures auparavant dans un état normal et m'a retrouvé en loup-garou. Quand j'ai ouvert la porte, il a été tétanisé. C'est à ce genre de choses qu'on voit aussi si une transformation est, ou non, réussie!
Prochain arrêt dans votre carrière? Chez Martin Scorsese?
Ç'aurait dû, mais le tournage de son film (silence) a été reporté. Pour le moment, c'est donc Wolfman et rien d'autre. Mais ce n'est pas pour me déplaire...
Pascal Stevens
Tags: Sean Penn, Terry Gilliam, vibromasseur, clitoris, Wolf Man, Benicio Del Toro, sex toys, Senkys
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