
L'homosexualité au centre de deux films d'amour américains et d'un ouvrage scientifique belge.
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Le livre (pas toujours simple à déchiffrer) aurait dû rester confiné au cercle universitaire. Il a pourtant fait le "break", attiré l'attention des médias généralistes et de la communauté gay. C'est qu'en cette période de confusion sémantique où l'on annexe l'homosexualité à l'anormalité en passant par l'anorexie, le livre de Jacques Balthazart - Biologie de l'homosexualité - tombe à point pour abriter le débat (s'il en faut encore un!) sur la question homosexuelle. Pour ce chercheur en neuroendocrinologie de l'ULG, l'orientation sexuelle se définirait selon des variantes hormonales et génétiques activées au stade prénatal. En un mot, l'homosexualité ne relève pas d'un choix mais s'impose, plaçant presque toujours le sujet devant le doute et l'angoisse lorsqu'il découvre que sa sexualité ne correspond pas aux schémas hétéronormés qu'on lui impose depuis son enfance.
Quelles sont les preuves qui permettent d'affirmer que l'homosexualité relève de la biologie et que, partant, on naît homosexuel et on ne le devient pas?
Jacques Balthazart. - D'abord la comparaison avec la littérature animale. Chez l'animal, l'orientation sexuelle est déterminée par les hormones qui agissent durant la vie embryonnaire. On peut manipuler l'orientation sexuelle d'un jeune animal en modifiant les hormones auxquelles il va être exposé durant la vie embryonnaire. On imagine que ces mécanismes sont transposables à l'homme car, d'une part, il y a l'évolution et, d'autre part, il y a des signes de ces mécanismes.
Lesquels?
Une série d'études cliniques montrent que des enfants exposés à des conditions endocrines atypiques de leur sexe pendant leur vie embryonnaire vont, à l'âge adulte, présenter une incidence accrue d'homosexualité. On sait aussi que certaines différences sexuelles, qui sont des caractéristiques spécifiques des hommes ou des femmes, se retrouvent, respectivement, chez les homosexuelles femmes et les homosexuels masculins. Les homosexuels hommes possèdent des éléments féminisés et les homosexuelles femmes possèdent des éléments masculinisés.
Vous avancez que les doigts des lesbiennes sont différents de ceux des femmes hétéros?
Chez l'homme, le deuxième doigt est statistiquement plus court que le quatrième. Chez la femme, ces doigts sont, grosso modo, de la même longueur. On a observé que, chez les femmes homosexuelles, le deuxième doigt est plus petit que le quatrième. Ce ne serait qu'une curiosité si on n'avait pas observé cette différence chez l'animal, chez qui elle est manipulable par la testostérone embryonnaire. En augmentant ou diminuant le niveau de testostérone, on peut masculiniser ou féminiser ces rapports de longueur. Cela tendrait, au moins, à prouver que l'homosexualité ne se choisit pas, dans la mesure où on ne choisit pas la longueur de ses doigts.
Votre discours s'oppose violemment à celui de la psychanalyse qui, elle, considère l'homosexualité comme un arrêt dans le développement de la sexualité.
Quand on relit les écrits de Freud et ceux de ses disciples comme Stéphane Clerget contre qui j'ai écrit mon livre, on constate qu'ils énumèrent quinze à vingt scénarios possibles du développement de l'homosexualité. C'est un ramassis d'anecdotes sans mécanisme précis que l'on pourrait tester. La psychanalyse n'est certainement pas une science, elle est plus proche d'une religion. Et les recherches actuelles dans les pays anglo-saxons semblent la faire tomber en désuétude.
Dans votre livre, vous dites que le gène de l'homosexualité n'existe pas…
Je pense que, s'il existait, il aurait, à ce jour, été identifié. Il existe probablement des combinaisons de gènes qui, prises dans une configuration spécifique, prédisposant à l'homosexualité - soit par effet génétique direct, soit par une modification du milieu hormonal - peuvent influencer l'orientation sexuelle.
Il existerait tout de même une zone du
Tags: homosexualité, style, sacs, Fred de la Bretonier, sabots
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