
La fausse garce cultive savamment son image de bomba latina. Quand l'intelligence s'unit au glamour pour une carrière en or.
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Et voilà que le malentendu continue. Enfin, malentendu… Cela fait vingt ans, en effet, que Penélope Cruz passe pour l'allumeuse de service. La maîtresse de braise. L'amante furieuse ou l'épouse volcanique. Bref, l'actrice "hot" par excellence. Alors qu'en privé, en soirée ou en interview, elle n'arrête pas de dire à quel point ses fesses sont prudes. Un malentendu qui attise un brasier que son tout récent rôle dans Nine ne risque pas, pour l'instant, d'éteindre.
Flash-back. Mai 2009, dernière apparition à l'écran avant Nine. Pour la quatrième fois, Penélope Cruz, 1 m 65 à tout casser mais allure altière et verbe franc, se livre à Pedro Almodóvar dans des Etreintes brisées particulièrement perturbantes. Cela alors que l'égérie - au même titre que Carmen Maura ou la pétillante Victoria Abril - du maestro espagnol sort alors à peine d'un double rôle marquant: amante sulfureuse de Ben Kingsley dans Elegy, tourné sous la direction de sa compatriote Isabel Coixet, explosive, hallucinée et férocement jalouse dans Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen, qui lui vaudra, en mars 2009, l'oscar (mérité) du meilleur second rôle.
Trois films où sa volonté hors du commun s'affirme, trois films d'une actrice qu'on imagine passionnée, au sang chaud et au corps libre. Mais trois films fort éloignés de sa vraie personnalité, nettement plus réservée. "On m'a toujours collé une image sexy, alors que je n'ai tourné nue que deux fois (dans Jambon Jambon, de Bigas Luna, et topless dans Ouvre les yeux, d'Alejandro Amenabar). A l'époque de Jambon, comme je n'avais que 16 ans, ça a bien sûr créé des problèmes avec mes parents. A cause de ça, ça m'a pris six ans avant d'accepter de tourner une scène d'amour. Depuis lors, j'ai élargi le spectre! Mais c'est la preuve qu'on peut très vite être dépassé par les événements dans ce métier!"
La preuve avec Vicky Cristina Barcelona. A sa sortie, des semaines durant, on n'a parlé que du baiser de Cruz avec Scarlett Johansson. "Au point qu'après 50 questions sur le sujet, Scarlett et moi avions presque envie de mentir. De dire à quel point ça nous avait plus emmerdé qu'autre chose!" Une scène décisive, pourtant, dans une carrière qui, pour les Américains du moins, apparaissait moins passionnante que ses différentes liaisons avec Tom Cruise, son partenaire de Vanilla Sky,ou Matthew McConaughey, celui de Sahara. Depuis Barcelona, Penélope Cruz a gagné ses véritables galons d'actrice aux Etats-Unis. Sans, pour autant, se départir de son image de bomba latina, qu'elle prend un malin plaisir à cultiver.
La preuve, à nouveau, avec Nine. Dans cette nouvelle comédie musicale, qui suit les questionnements destructeurs d'un metteur en scène italien (le toujours pénétrant Daniel Day-Lewis) en pleine crise et d'inspiration et de la quarantaine, Rob Marshall, le réalisateur de Chicago, a demandé à Nicole Kidman d'incarner sa muse et à Penélope Cruz d'être sa maîtresse. Evidemment… Un film de danse et de chant où la "Rolls Royce des actrices espagnoles", comme l'a baptisée Woody Allen, est sans discussion possible la plus souple, la plus démonstrative et la plus provocante des différentes showgirls dirigées par Marshall, chorégraphe devenu réalisateur. Cruz a-t-elle inconsciemment voulu surpasser, sur scène et dans son imaginaire, la propre muse (Catherine Zeta-Jones) du réalisateur de Chicago, à laquelle le rôle de cette voluptueuse maîtresse était, au départ, destiné? Toujours est-il que Penélope, en bustier et bas résille, se lâche totalement, virevolte, se balance langoureusement. Bref, allume d'abord et très vite enflamme. La fausse garce ne peut s'en empêcher. Et réussit parfaitement son coup.
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Pascal Stevens
Tags: Scarlett Johansson, Tom Cruise, Nicole Kidman , Penelope Cruz, collègues, mincir, yoga, Ben Kingsley
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