
De la musique au ciné, il n'y a qu'un pas. Il le prouve dans une romance en demi-teintes qu'il illumine de sa présence.
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Les boucles folles, le sourire aux lèvres, Julien Doré ne cherche pas à cacher son excitation. Il présente son premier grand rôle au cinéma. "Putain, c’est un rêve de gosse, je suis gravé dans cette pellicule à jamais." Trois ans après sa victoire à la Nouvelle Star, il franchit une nouvelle étape. "En France, c’est très mal vu de vouloir toucher à tout. Faire ce film peut être dangereux pour ma carrière, mais je m’en fous. Si je suis mauvais, on ne va pas me louper." N’en déplaise aux conservateurs, Julien Doré crève l’écran. Moitié Fernandel, moitié beau gosse, c’est lui qui porte le film. Rencontre avec un garçon brillant qui revient à la vie après avoir foncé trois ans tête baissée. "Ce film m’a ramené à ce que j’étais avant de faire la Nouvelle Star. D’un coup, je me suis abandonné durant deux mois. Ça m’a vidé du regard sur moi-même. J'ai essayé d’être celui qu’on avait choisi. Assez bizarrement, alors que je jouais, je n’étais plus dans la représentation."
"Essayer d’être celui qu’on avait choisi"? Ça veut dire quoi?
Julien Doré. - Je crois que je ne l’ai pas vu tout de suite mais ça a été violent. Avant de gagner la Nouvelle Star, je n’avais jamais été choisi pour rien, que ce soit pour une histoire d’amour ou pour une boum. Aujourd'hui, les gens m'écoutent et me soutiennent. Mais j'ai aussi vécu ça comme un choc. Ma vie a basculé en quelques jours.
Entre la musique et le cinéma, vous pourriez choisir?
Non, c’est probablement la vie qui choisira pour moi. Le cinéma était en moi bien avant la musique. Après mon bac, je voulais faire un cours de théâtre à Paris. Mais j'ai pris peur et finalement je me suis inscrit aux Beaux-Arts. C’est là que j’ai commencé la musique. Pour hurler et faire un truc primaire, alors qu’aux cours, on me demandait de conceptualiser. C’était un retour à la simplicité. Et puis avec la Nouvelle Star, la musique est devenue hyper-présente et a pris le pas sur mes envies de cinéma.
En musique, vous êtes le patron. Au cinéma, vous ne contrôlez rien. Ça vous a plu?
Oh oui, c’était l’occasion de m’abandonner enfin. Ça m’a fait un bien fou de ne pas me regarder faire, de tout donner sans me juger. J’ai offert toute ma confiance à Pascal Thomas. Je le respecte infiniment car il assume des choix artistiques forts. C’est un cheval de Troie du cinéma.
Vous avez peur d'un échec public?
Ce qui me fait peur, c’est l’indifférence car elle amène l’aigreur et l’aigreur amène la mocheté physique. Je peux vous citer plein d’actrices. J’ai peur de disparaître aussi. Si ça arrive, je me dis que je pourrai toujours continuer à écrire des chansons et les jouer dans des bars. Le cinéma, c'est différent. Il faut être désiré. Si on n'est pas désiré, on ne bosse pas. Un point c’est tout.
Ah, le désir…
C'est un truc qui me reste de la Nouvelle Star. J'ai pris cette émission comme un énorme poids à porter. Je me suis dit que les gens allaient penser que je n’étais qu’un gagnant de télécrochet et rien de plus. J’avais peur de ne pas avoir de poids, d’épaisseur. J'ai fini par me convaincre que j'étais peut-être un imposteur. C'est absurde en fait. J'en étais presque arrivé à entendre des voix. J'ai avancé trois ans en fermant les yeux avant de prendre les choses en main. Mais je me soigne maintenant, ça va mieux. Et le film n'est pas étranger à ce déclic.
Le cinéma, c'est aussi parce que la chanson, ça ne marche pas assez avec les filles?
Oui, c’est une quête, permanente, infinie.
Tags: Julien Doré, nouvelle star, coiffure, ruban , bohème
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