Christophe Maé: Je peux me planter à chaque instant

Christophe Maé: Je peux me planter à chaque instant
culture12/04/2010 14h14

Après ses débuts fracassants, il poursuit son chemin avec prudence. Pour contenter ses fans et préserver son succès.

 Il vient de passer deux ans au septième ciel grâce à l’incroyable succès de son premier album, Mon paradis, et celui du live acoustique qui a suivi, Comme à la maison. Perché aujourd'hui sur le confortable pactole généré par ses deux millions de ventes, Christophe Maé capitalise, dans son deuxième essai, sur son style ensoleillé, à la fois soul et funk. Pas du genre à se dévisser la tête pour quelques disques de diamant décrochés grâce à sa carrière solo ou à sa participation à la comédie musicale Le Roi-Soleil, le natif de Carpentras, qui s’exprime avec un charmant accent gorgé de soleil, reste les pieds sur terre. Et il entend bien se reposer sur ses acquis.

 "On trace la route" contient onze nouvelles chansons sur les rails du succès garanti, loin des chemins de traverse. L'auteur assume cette prise de risque minimale: "J'ai craint que les gens qui adoraient mon premier disque ne se retrouvent pas dans celui-ci. Mais, au final, je pense que "On trace la route" plaira au public que j’ai rencontré grâce à mon essai initial. Car mon style musical ne change pas. Je m’estime très chanceux d’avoir si vite rencontré mes fidèles. Et j’ai envie de refaire la fête avec tous ceux que j‘ai croisés durant mon premier voyage".

Votre premier voyage était particulièrement beau…
Christophe Maé. - Oui, le départ fut magnifique. Maintenant, le but est d’éviter que tout s’arrête trop vite (rire). J’aime le succès, je l’avoue honnêtement.

C’est le succès en tant que tel que vous recherchez? Avant toute reconnaissance artistique?
Ce sont les deux. J’ai toujours rêvé d’être connu en chantant. Aujourd’hui, j'ai la chance de vivre mon rêve éveillé. Aucun à-côté de ce business ne me ferait dire qu’il est trop cher payé pour ce que je vis en ce moment. Tout se passe bien. Je traverse bien cette aventure, en total équilibre avec moi-même. J’ai toujours la même copine, elle m’a donné un fils, Jules (à qui il a dédié la chanson Mon p’tit gars - NDLR). Je ne pense pas avoir pété les plombs. En fait, le succès m’a même aidé à trouver un certain équilibre à tous les niveaux.

Et puis, grâce à cette reconnaissance, les portes s’ouvrent plus facilement pour collaborer avec des musiciens spécifiques ou un producteur particulier…
C’est vrai, mais je m’en fous. Pour "On trace la route", j’ai collaboré avec l’équipe derrière les manettes de l’album précédent. Il serait déloyal, et même indécent, de m’éloigner des gens qui ont contribué au succès de ce disque. La seule liberté que m’offre le succès, c'est que maintenant j’ai la chance de pouvoir faire la musique que j’aime. Et - c’est vrai aussi - d’inviter qui je veux pour chanter avec moi, sans devoir passer par des dizaines d’intermédiaires pour arriver à établir le contact.

Comme Diam's sur Je me lâche?
Elle m’avait déjà accompagné sur scène lors de mon dernier concert à Bercy. J’ai écrit ce titre pour elle, car il possède un tempo plus élevé que la moyenne et un flow parfaitement adapté à sa voix. Sur notre lancée, nous avons aussi écrit J’ai vu la vie, qui parle de notre fascination commune pour l’Afrique. Il sortira peut-être sur une version collector de l’album, ou en accompagnement d’un de mes prochains singles.

Avoir Diam's sur son propre disque, c’est tendance, non?
(Un rien agacé.) Je n’ai pas cherché ça en tout cas. Notre collaboration est juste artistique, pas marketing. Ni Diam's ni moi n’avons besoin de l’autre pour nous faire connaître. Nous n’aurions pas vendu un album de moins si Mélanie (le véritable prénom de Diam's - NDLR) n’avait pas figuré sur "On trace la route".

Le succès vous est tombé dessus sur le tard avec l’album "Mon paradis". La notoriété est plus facile à gérer quand elle arrive à 29 ans plutôt qu’à 18?

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