Will.i.am: Le génie de la pop jackpot

Will.i.am: Le génie de la pop jackpot
culture11/05/2010 09h20

Tête pensante de Black Eyed Peas et faiseur de hits pour la crème du showbiz, il est dans tous les bons coups. Parcours.

Stakhanoviste du beat, forçat du travail et génie du recyclage, Will.i.am est l'homme du moment. A la fois incontournable et omniprésent. Une machine infernale des charts mondiaux qui tourne à plein régime. Avec son groupe Black Eyed Peas, sur le prochain disque posthume de Michael Jackson, celui fort attendu de Kelis ou de la nouvelle pub Coke, il impose sa marque de fabrique. Soit un mélange bluffant du gimmick qui tue, du savoir-faire pop et de cette touche de culture underground dont il exploite tous les codes. Son outrageante domination et son positivisme dans une industrie musicale qui aime toujours se plaindre pourraient agacer. Mais voilà, son intelligence inspire le respect. De Barack Obama aux rockeurs de U2, des gamins des ghettos aux frimeurs de la jet-set, tout le monde se lève pour Will.i.am. Retour sur sa carrière et ses secrets de fabrique.

L'enfance

 William James Adam naît le 15 mars 1975 à Los Angeles. Son père jamaïcain se fait la malle et il est élevé par sa mère dans une cité d'Olympic Boulevard, quartier d'émigrés mexicains de la Cité des Anges. "Nous étions l'unique famille noire de la cité. Le climat était très violent. J'avais une tante qui était chef de gang. C'est l'école qui m'a sauvé. J'ai eu deux profs géniaux, madame Montes et monsieur Wright. Ils m'ont appris à canaliser mon hyperactivité et à en tirer profit."

Les débuts

 A 14 ans, William rencontre Allan Lindo (alias Apl. de. ap), un Philippin "qui apprenait tout très vite". Ils se lancent dans le hip-hop et sont signés sur Ruthless Records, le label gangsta rap d'Eazy-E, leader des controversés Niggers With Attitude. "Nous en étions à nos balbutiements. On savait seulement qu'on ne voulait pas faire de la rue notre fonds de commerce. Je n'ai jamais été dans le trip gangsta rap." Le 26 mars 1995, jour de la mort du sida d'Eazy-E, Will.i.am et Apl. de. ap fondent Black Eyed Peas.

Le jackpot

 Les premiers enregistrements de Black Eyed Peas reçoivent un accueil timide. "Nous étions influencés par le hip-hop ludique et écolo de De La Soul ou Arrested Development. Il n'y avait peut-être pas assez de "fuck" dans nos chansons." En 2003, Black Eyed Peas recrute une nouvelle chanteuse, Stacy Ann Ferguson, alias Fergie. Elle a le look, elle a la voix et Will.i.am fait le reste. Black Eyed Peas décroche enfin le jackpot avec "Elephunk".

La philosophie

 Will.i.am reste très américain dans sa démarche. Il ne cache pas qu'il gagne beaucoup d'argent et qu'il en veut encore plus. Il disperse ses activités (DJ set, production, songwriting, fringues) et accepte les offres (pubs, remixes), pourvu qu'elles soient juteuses. C'est un gentil, mais il ne faut pas attaquer sa bande. Il a mis un pain à la blogueuse Perez Hilton qui avait critiqué Fergie.

Le style

 Dans son studio, instruments traditionnels et disques vinyles de seconde main côtoient les derniers gadgets high-tech, ainsi que les programmes informatiques les plus poussés. "Un groupe rock en studio, c'est un producteur le cul posé sur la chaise de sa console et quatre musiciens chacun dans leur coin. Moi, quand je fais des disques hip-hop/R&B, je suis seul avec mon imagination. Tout part de mon cerveau et tout arrive dans l'ordinateur." Pigé?

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Luc Lorfèvre

Le 19/5 au Sportpaleis (complet), le 12/7 au TW Classic.

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