
Des Black Eyed Peas à Bob Sinclar, de Lady Gaga à David Guetta, l'heure n'est plus aux prises de tête mais au bonheur simple et accessible.
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C’est ce que Bob Sinclar et David Guetta ont compris mieux que les autres. Ils ont su charmer le très grand public en capitalisant sur l’image cool du DJ.
Laissant l'intouchable Guetta à son rang de superstar mondiale, Bob Sinclar botte en touche avec une compilation de ses tubes enregistrés en Jamaïque, en compagnie de la crème des musiciens locaux. "Il n’y a aucune démarche commerciale là-dedans, prévient d’emblée Chris "Bob Sinclar" Le Friant. Je me suis fait plaisir, j’avais besoin d’hormones de bonheur. Et je pense que cet album devrait être remboursé par la Sécurité sociale!"
Comment est venue l’idée de ce disque reggae?
Bob Sinclar - Voici deux ans, j’ai eu envie de faire un best of de mes titres réenregistrés avec Sly & Robbie, dans l’esprit de ce qu’ils avaient fait avec Gainsbourg. La Jamaïque, j’y suis allé pour la première fois il y a cinq ans avec Gary Pine. J’avais un peu peur de ne pas être accepté, les Jamaïcains sont très protectionnistes et méfiants. Mais ça s’est plutôt bien passé et j’ai été introduit par les bonnes personnes. J’y ai tourné tous mes clips et, en rentrant de la tournée l’été dernier, j’y ai refait mes titres avec Sly & Robbie. Je voulais offrir un son indémodable à mes chansons.
Qu’en pensent les Jamaïcains?
Mes chansons passent beaucoup en radio, mais ils ne savent pas à quoi je ressemble. La Jamaïque, c’est vraiment un endroit hallucinant. Là-bas, tout le monde écoute de la musique tout le temps. Et puis, il y a les sound systems où des DJ jouent leur musique à l’heure de l’apéro. J’y suis carrément le seul Blanc. Mais comme je suis toujours accompagné de l’associé de Shaggy ou du manager de Sean Paul, ils ne se posent pas de questions.
On spécule beaucoup sur une rivalité Sinclar/Guetta comme il y a eu Oasis/Blur. Qu’en est-il réellement?
David a su très bien comment négocier l’explosion du DJing. Musicalement, nous sommes plus proches aujourd’hui qu’avant et c’est vrai qu’un morceau avec Akon, j’aurais adoré le faire. En fait, David a "blackisé" sa musique, ce qui lui a permis d'entrer en radio aux Etats-Unis. Mais ce succès est bon pour tout le monde. Moi, pendant trois ans, j’ai enchaîné six ou sept singles et j’ai beaucoup ouvert la voie, entre autres avec la Star Academy. Et David est arrivé au bon moment. Et puis il a eu ses soirées à Ibiza que sa femme Cathy a fait exploser.
Après tous ces succès, les propositions affluent pour les DJ aujourd’hui?
Oui, les Américains qui ne connaissaient pas cette musique s’y intéressent beaucoup et je vois passer des propositions dingues. Mais je suis un peu sceptique. Nous, les DJ, faisons de la musique de façon accidentelle… On n’est pas Timbaland. On n’a jamais produit d’autres gens. Je ne suis pas certain d’avoir envie de faire ça. Quand j’ai fait des remixes pour Rihanna et Madonna, c’était les artistes R&B qui venaient à moi. Maintenant, tous les artistes R&B font de l'électro. Donc, ils n’ont plus besoin de remixes. Cela dit, j’ai cartonné avec World Hold On aux Etats-Unis et David a encore plus cartonné avec le titre avec Akon. Mais ce n’est pas pour autant un déferlement de dance music aux Etats-Unis. Ceci dit, je prépare un gros coup cet été avec Sean Paul, une reprise d’un vieux titre techno.
Bernard Dobbeleer
Tags: Oasis, Lady Gaga, Black eyed peas, David Guetta , Blur, 2 looks, 1 fringue, Bob Sinclar, blouse
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