
L'excellente série télé s'est transformée en phénomène de société. Mais une fois de plus, l'appel du fric a tout gâché...
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Que se passe-t-il une fois que l'on a dit "oui"? Mariées, les ex-trentenaires de la série télé Sex & the City qui fit un carton dans le monde entier dès sa première diffusion en 1998, ont la nostalgie de leur ancienne vie. Carrie se noie dans la routine du couple, Miranda est préoccupée par son boulot, Charlotte est dépassée par ses deux mômes et Samantha, la croqueuse d'hommes, voit pointer les premiers signes de la ménopause. C'est la mouise au pays des merveilles. A l'invitation d'un cheik, les "quatre copines" se rendent à Abou Dhabi. L'occasion de se retrouver entre filles et de faire le point sur des vies qui leur ont échappé. C'est ici que débute le très long défilé de beaux sacs, belles voitures, beaux colliers, belles robes et autres belles chaussures. Tout ça pour un mauvais film. De deux heures trente en plus.
Malgré tout, Sex and the City continue de fasciner. Hier parce que la série était sexy, provocante, presque avant-gardiste dans sa façon de présenter la femme. Aujourd'hui parce que le film dépasse les limites de l'acceptable. Soit faire payer le spectateur pour assister à une longue publicité de cent cinquante minutes. Le pire, c'est que cette arnaque va fonctionner et rapporter des millions de dollars. C'est probablement ça le monde moderne. Même si nous sommes tous d'accord pour dire que nous n'en voulons pas!
Voici donc un cas de conscience. Consacrer deux pages de Télé Moustique a un film qui nous a profondément ennuyés. Voire déplu. Pourquoi en parler, dès lors? Parce que la machine promotionnelle va jouer l'effet de mode et vous convaincre d'y aller. On vous aura prévenus! Mais aussi parce que Sex and the City est un phénomène et que la dérive à laquelle nous assistons est symptomatique de notre époque. Le fric. Le fric. Le fric.
[...]Alors que la série télévisée tirait le portrait de quatre femmes modernes, autant concernées par leur carrière professionnelle que par la taille du sexe de leur amant, la version cinéma perd toute cette subversion. On frise même le ridicule lorsque Carrie passe de très mauvaises nuits et s'en veut à mourir, parce qu'elle a embrassé un autre homme sur la bouche. Sacrilège. Puritanisme. Ça sent la culpabilité catholique à plein nez. Tellement d'ailleurs que l'on se demande comment les femmes elles-mêmes pourraient se retrouver dans cette caricature digne d'une relation platonique entre Barbie et Ken.
Malgré des critiques assassines, le premier volet cinéma fut un succès public (plus de 400 millions de dollars de recettes). Et même si cela devient une règle dans le cinéma américain, le placement de produit est ici odieux. Grande nouveauté: Carrie Bradshaw a viré son Macintosh pour un ordinateur HP. Visiblement fan de cinéma, Tracey Trachta, directrice exécutive de HP Global Marketing, expliquait au site Internet www.styleite.com les raisons de ce changement: "Sex and the City est un trend setter. Il était donc important pour nous de figurer dans le film pour imposer notre nouvelle collection d'ordinateurs. Je pense que nous sommes tous adultes ici et comprenons bien que le cinéma se transforme peu à peu en une immense publicité sur grand écran. Donc, on a lâché les crédits pour en faire partie".
La production tient aussi à remercier les innombrables marques citées ou montrées dans le film (ah, ces gros plans sur les chaussures Louboutin à paillettes, Dior, Vuitton, Swarovski). Des produits de luxe que nul ne pourra s'offrir. Merci aussi aux Emirats arabes unis qui ont dû ouvrir leur portefeuille pour attirer les jeunes femmes dans leurs luxueux hôtels (des scènes tournées au Maroc). C'est à la fois triste et simple: Sex and the City 2, c'est un peu Liberty TV avec des présentatrices mieux habillées.
Le moins que l'on puisse dire est que Sex and the City ne connaît pas la crise.
Tags: amour, couple, casting , appel à témoins, sex and the city
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