
Dommage collatéral des comédies trash des années 90, il est pourtant devenu acteur culte. Pour sept raisons.
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Le poil à gratter du rire américain a toujours souffert de démangeaisons quand on a voulu l’enfermer dans la comédie. Avec Greenberg, Ben Stiller s'installe dans la peau d'un maniaco-dépressif désabusé et cynique. L'occasion de toucher avec bonheur à un autre genre. Mais, au-delà de ce changement de registre réussi, Ben Stiller reste l’un des rares acteurs comiques américains à conserver une totale crédibilité. La preuve: il est apprécié par toutes les générations, mais aussi par tous les genres: du mangeur de pizzas fan de comédies US au cinéphile un brin tolérant en passant par les bobos branchés. Tout le monde aime Ben. Et lorsqu'on se penche sur la manière dont il gère sa carrière, on comprend que ce bosseur-né n’a rien laissé au hasard et que son plan de carrière, lui, n’a pas été ébauché par un rigolo. La preuve par sept.
Si Ben Stiller a parfois brillé dans des comédies très (trop?) légères flirtant de très près avec le néant (Polly et Moi avec Jennifer Aniston ou The Cable Guy avec le grimaçant Jim Carrey), il n’a pour autant jamais sombré dans l’humour gras du bide, vulgaire ou scato.
"J’aime bien jouer dans des films à plusieurs niveaux de lecture. Et quand je suis passé à la réalisation avec Reality Bites (1994), c’était aussi mon souci principal", confie-t-il. Ben Stiller combine donc les qualités d’un acteur avec un cerveau de stratège. Bref, il tente sans cesse de toucher plusieurs publics. Nombre de ses films récents se prêtent à l’analyse. Les deux épisodes de La nuit au musée réalisent la passe de trois entre l’humour pour toutes les classes d’âge (des gags visuels pour les plus jeunes et des références à l’actualité pour les parents), une bonne dose d’aventure qui ratisse large et une plongée assez didactique dans l’histoire des Etats-Unis. "J’ai demandé au réalisateur Shawn Levy d’y aller un peu plus à fond sur cet aspect du scénario. Si c’était juste un film consistant à aligner les gags et rien d’autre, je ne l’aurais pas accepté", nous confiait-il lors de la sortie de La nuit au musée 2.
Dans un autre style, Tropic Thunder (qu’il réalise et interprète) joue aussi sur plusieurs tableaux. Là, l’humour vise plutôt les ados, tandis que les multiples références aux films des années 80 visent les jeunes adultes. "J’ai l’âge du public qui a vu Rambo dans les salles dans les années 80 (il est né en 1965)." Greenberg constitue aussi un excellent exemple de cette stratégie. Puisqu’elle s’inscrit dans la tendance du moment, celle des "adulescents mélancomiques" un rien dépressifs, sans oublier pour autant quelques traits d’humour cinglants.
Condition absolue pour contenter le plus grand nombre et pour durer: figurer dans des films dont on voit et revoit certaines scènes au point de ruiner la touche "rewind" de son lecteur DVD. Notre top 3 personnel:
Mon beau-père et moi. Nouvel amoureux de Pam, Greg Focker doit passer une étape cruciale pour se faire accepter dans la famille: plaire à son futur beau-père (Robert DeNiro). Scène culte: la découverte du petit guéridon réunissant les souvenirs de la dulcinée et de son ex, qui se font prendre en photo devant des décors en carton-pâte figurant les plus beaux coins du monde. Un sommet de kitsch très middle-class américaine.
Zoolander. Le mannequin le plus débile de la planète fait échouer un attentat contre le Premier ministre de Malaisie. Scène culte: la fashion battle entre Ben tiller et Owen Wilson, arbitrée par David Bowie, où la présence de ce dernier contraste brillamment avec les pitreries des deux autres.
Mary à tout prix. Ted sortait avec la plus belle fille du lycée, mais une fermeture éclair récalcitrante a tout gâché. Scène culte: Came
Tags: Jennifer Aniston, Jim Carrey, Ben Stiller, make-up, relooking, avant-après, Greenberg
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