
Après avoir incendié les concerts de rock, il met le feu aux dancefloors.
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Tel le boxeur qui prête son titre à cet album solo, Kele Okereke est prêt à remonter sur le ring pour tout remettre en jeu. Le chanteur de Bloc Party enfile les gants et signe un disque de pure électro sauvage et brute.
Dans ces dix titres bien torchés, quelques futurs hits vous poussent dans les cordes (Tenderoni, New Rules). D’autres, plus légers, mais tout aussi jouissifs, feraient presque penser à Mika qui aurait abusé de LSD (On the Lam). "En fait, ma culture de base est celle des clubs techno. C’est d’eux qu’est venu avant tout mon intérêt pour la musique."
Et donc, doit-on considérer Bloc Party comme un malentendu dans lequel vous vous seriez laissé entraîner malgré vous?
Kele. - Non, évidemment. J’aime ce que nous produisons avec Bloc Party. Il existe un lien dansant entre la musique que nous pratiquons dans le groupe et cet album solo. Disons que Bloc Party représente surtout le côté Gary Numan ou Adam and the Ants de mes influences. Et que The Boxer montre une autre facette de ma personnalité, davantage fascinée par Michael Jackson ou les Pet Shop Boys. Mais mon album solo ne scelle pas la fin du groupe. Nous avions juste besoin d’une longue pause...
Bloc Party était devenu à ce point envahissant que le break était une question de survie?
K. - Nous avions le choix entre un break de durée indéterminée ou l’implosion immédiate. Les choses ont parfois été trop vite pour Bloc Party. Je ne me plains de rien: nous avons voyagé, rencontré plein de gens et gagné plus d’argent en cinq ans que je ne pensais en amasser durant toute ma vie. Mais à certains moments, nous perdions complètement tout lien avec la réalité. Je me souviens d’une journée où nous avons donné trois concerts dans trois pays différents. Je ne savais même plus où j’étais et, pire, cela ne me faisait plus ni chaud ni froid. A ce moment, j’ai eu un flash: je me suis vu vingt ans plus tard, à regretter de ne rien avoir accompli d’autre que Bloc Party dans ma vie.
Concrètement, quels ont été vos autres accomplissements récents?
Des trucs de tous les jours. Après des années à l’hôtel, je me suis enfin acheté mon propre appartement, que je ne quitte plus que quelques heures par jour pour me rendre à la salle de gym la plus proche. Puis, à mon rythme, je me suis mis derrière l’ordinateur, à enchaîner des boucles techno juste pour le fun. De fil en aiguille, il en est sorti un disque cohérent.
Vous êtes conscient que sortir un album aussi éloigné de ce que vous faisiez avant peut vous couper de certains fans?
Et pour être franc, je m’en fous. Je ne prends personne à contre-pied, je suis juste honnête puisque je partage d’autres choses qui faisaient aussi partie de moi depuis longtemps. Si certains ne comprennent pas ça, tant pis pour eux. Je suis passé de la pop cérébrale à la dance décérébrée. Bref, je m’accorde une récréation bienvenue. Certains leaders de groupes tentent des escapades solo très proches de ce qu’ils font lorsqu’ils jouent ensemble. Comme Jim Kerr avec son projet Lost Boy, qui ressemble de très près à Simple Minds. Je ne juge pas, mais je pense juste que si c’est pour faire ça, il n’est pas indispensable de changer de nom. Je comprends mieux la démarche de Jarvis Cocker qui, lui, en solitaire, n’interprétait aucun des titres de Pulp. Quitte à se faire siffler en sortant de scène.
Et que peut-on attendre de vos concerts solo prévus cet été?
A une relecture complète et audacieuse de The Boxer! Ceux qui comptent acheter un ticket pour entendre exclusivement du Bloc Party ne doivent pas dépenser leur argent!
Frédéric Vandecasserie
Au Pukkelpop le 20/8.
Tags: Bloc Party, printemps, témoignages, voisins, Kele, fenêtre, histoires
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