
Tom Jones, c'est un peu un Los Lobos à lui tout seul. Alors que le gang
américain demeure scandaleusement et inexorablement lié à La Bamba,
occultant une poignée d'albums de blues saignant qui valent bien mieux
que ce single miséreux, Tommy est, depuis un trop long moment, associé
de trop près à sa reprise du Sex Bomb de Sister Sledge.
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Tom Jones, c’est un peu un Los Lobos à lui tout seul. Alors que le gang
américain demeure scandaleusement et inexorablement lié à La Bamba,
occultant une poignée d’albums de blues saignant qui valent bien mieux
que ce single miséreux, Tommy est, depuis un trop long moment, associé
de trop près à sa reprise du Sex Bomb de Sister Sledge. Certes, en
1999, ce duo balancé à la face des hit-parades, en compagnie du DJ
Mousse T, lui a permis de toucher une nouvelle génération de fans. Mais
les dégâts collatéraux furent gigantesques: les admirateurs de Mister
Jones, certifiés d’époque, ont hurlé à la trahison et se sont détournés
durablement de lui. Et les plus jeunes, qui ont dansé grâce à lui
durant tout un été, l’ont vite oublié ensuite.
Si les essais qui ont suivi la bombe se sont révélés très inégaux et
ont un peu tiré dans toutes les directions, ce nouveau "Praise and
Blame" remet l’artiste à une place qu’il n’aurait, finalement, jamais
dû quitter: celle de l’authenticité d’un organe soul et brute faisant
merveille sur des arrangements très bluesy. Et ce disque, qui fait la
part belle à des reprises aussi somptueuses qu’inattendues (comme
Johnny Cash qui s’était approprié le Hurt de Nine Inch Nails), étonne
très agréablement par son minimalisme. Surtout venant d’un showman qui,
il n’y a pas si longtemps encore, préférait les pantalons moulants et
les chemises à col pelle à tarte aux accoutrements plus discrets.
Dès l’ouverture, le What Good Am I, emprunté à Dylan, laisse deviner une suite de titres fascinants. Bon présage vérifié sur la longueur: la voix est chaude, posée et le son bien brut ("Praise and Blame" est produit par Ethan Jones qui a confectionné le cachet sonore très roots des Kings of Leon). Tom Jones renoue enfin avec le meilleur et sans le pire.
- F.V.
SOUL
Tom Jones
"Praise and Blame"
JJJ Universal
Sélection moustique
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