Jessica Alba: Finis les films à poil!

Jessica Alba: Finis les films à poil!
culture17/08/2010 09h40

Au début, elle n'était qu'un corps. Maintenant, elle est aussi un esprit. Si, si!

On ne compte plus les actrices qui, sentant qu'elles ont trop tiré sur la corde du string, tentent de nous jouer le numéro de la repentie.

De l'effarouchée qui a joué de ses charmes et jure, un peu tard, qu'on ne l'y reprendra plus. Mais la majorité d'entre elles n'arrivent jamais à se départir de leur image sulfureuse qu'en plus - hypocrisie ultime - elles n'assument souvent pas. Mais Jessica Alba est faite d'un autre bois.

Maniant la provocation au moins aussi bien que la séduction, cette Californienne pur jus, du genre à mâchouiller du chewing-gum comme les pestes dans les séries télé des années 50, ne renie non seulement rien d'un passé où elle a plus joué de ses avantages physiques (Sin City, Les Quatre Fantastiques, Into The Blue) que de ses capacités d'actrice, mais en plus elle arrive vraiment à sauter le pas. En brisant d'un coup son image de nunuche sur l'aridité d'un polar noir, glauque et sans concessions: le troublant The Killer Inside Me. Qui capte plutôt la chute vers la déchéance que la chute de reins.

Une première adaptation du livre The Killer Inside Me au cinéma avait été envisagée avec Marilyn Monroe. Mais elle est décédée juste avant les premières prises de vues. Vous êtes en quelque sorte sa réincarnation…
Jessica Alba - Voilà que je remplace Marilyn par procuration, maintenant! J'aurai vraiment tout fait! Blague à part, j'imagine qu'en s'intéressant à ce projet, elle poursuivait peut-être les mêmes motivations que les miennes. A savoir changer d'image. Moi aussi, j'ai choisi ce film pour son aspect sombre et tordu. Un genre auquel je n'avais jamais touché. Tout comme elle, qui se sentait sans doute à l'étroit dans son déguisement de femme fatale.

The Killer Inside Me compte effectivement une scène très dure, où vous vous faites détruire votre image, au propre comme au figuré. Métaphore pour vous distancier de votre statut de bimbo?
Je n'y ai pas pensé consciemment au moment de m'intéresser à ce film, mais vous avez sans doute raison. Cette scène sonne effectivement comme une nouvelle direction dans ma carrière. A la naissance de ma fille voici deux ans, j'ai traversé une longue période de remise en question. Et j'en ai profité pour tirer le bilan de la première partie de mon parcours. Globalement, je n'ai pas à en rougir. Je suis même fière d'avoir participé à tant de films qui ont cartonné au box-office, comme Sin City ou Les Quatre Fantastiques. Cependant, persévérer dans cette voie ne m'aurait plus épanouie artistiquement. Il y a une fin à tout. Et dorénavant, je choisis plus les réalisateurs intéressants que les gros cachets. Et si j'arrive à combiner les deux, tant mieux!

[...]

Pourquoi avoir fait une exception pour The Killer Inside Me, où vous apparaissez dévêtue une bonne partie du temps?

Tout simplement parce que la nudité fait partie intégrante de la dynamique de cette histoire centrée sur le sexe et la violence. Le scénario ne contient donc aucune fausse excuse pour voir une fille déambuler en tenue légère. Et puis, finalement, je suggère mais ne montre pas grand-chose.

Lors des projections en avant-première, outre certaines scènes très chaudes, ce film a aussi suscité d'énormes controverses au sujet de sa violence crue. Elle ne vous choque pas?
Non, car elle appartient à un genre littéraire bien précis, celui des pulp fictions américaines des années 50. C'est un univers parfaitement glauque, sexy et violent, qui ne donne effectivement pas naissance à des comédies romantiques bourrées de bons sentiments et de guimauve. Cette mouvance a permis de raconter des histoires atroces, qui explorent les facettes les plus obscures de l'être humain. Joyce, mon personnage dans le film, a introduit la violence dans sa vie sexuell

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