
Chanteuse ultrapopulaire, sa stature lui permet de lancer une saga discographique jamais imaginée: 7 albums pour 49 chansons.
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Un artiste en promo ne peut pas être un mauvais artiste. Un artiste en promo est un artiste gentil. Docile. Souriant. Sympa. S'il est dans un bon jour, l'artiste en promo peut aller jusqu'à vous reconnaître et vous lancer "Comment ça va depuis la dernière fois?". Même si ce signe de familiarité s'annule de lui-même quand, en réalité, c'est la première fois que vous le rencontrez. L'artiste en promo aime beaucoup ce que vous faites. Surtout s'il sait que vous allez lui consacrer de l'espace dans votre magazine ou dans votre émission. C'est un vrai boulot de faire la promo. C'en est un autre de la subir.
Il y a des artistes qui sont bons en promo. D'autres moins. Zazie, par exemple, débarquée à Bruxelles en journée promo pour défendre le projet Za7ie, est excellente. Vaillante. Très professionnelle. "Profitez-en, clame-t-elle. C'est le début de la journée, je suis encore à peu près fraîche." De 11h09, heure à laquelle démarre la première interview de la journée (avec Corinne Boulangier sur La Première), à 17h14, heure à laquelle se conclut la dernière rencontre (avec votre serviteur), Zazie aura répété dix fois la même chose sur le comment du pourquoi de ses nouveaux disques (il y en a sept!) et répondu à une gamme de questions qui, toutes, veulent créer la différence. De son point de vue sur les tomates ("Ça devrait être remboursé par la Sécurité sociale. J'adore la tomate, il y en a toujours à la maison") à son avis sur la question des retraites ("Oh, moi, je suis musicienne, alors…") en passant par son geste écolo du moment ("Me désencombrer"), on lui aura tout demandé. Tout ou à peu près tout ce qu'on peut envisager de lui demander pour publier un article original ou diffuser une séquence cool.
Six heures durant, nous avons suivi Zazie au turbin, et ce n'est pas de la tarte, même s'il y a pire comme corvée. "Si c'est du boulot? Complètement, affirme la chanteuse. Et c'est un sacré travail. Etre VRP de soi-même, c'est pas rigolo. Au début, quand on commence, on est un peu narcissique et on est content qu'on parle de nous. On est dans un truc de séduction. Et puis, on s'aperçoit que ce qu'on dit en interview, ce n'est pas nécessairement ce qui paraît dans les journaux. Alors, on devient méfiant et on se dit qu'on ne doit plus rien lâcher. Ceci dit, je me fais toujours avoir au début de la promotion d'un nouvel album. J'ai toujours le journaliste parisien qui veut me faire parler de ma vie et qui y arrive…"
Le journaliste parisien qui n'est donc pas le journaliste bruxellois, ou plus généralement belge, dont la réputation est double. Selon la légende colportée dans tout Paris, le journaliste belge est respectueux de la vie privée. Et le journaliste belge est une lumière. Zazie le prouve encore au sortir de chez Boulangier - "C'est bien, les interviews en Belgique, ça pose des questions intelligentes" - et au milieu de l'entretien avec notre consœur de Femmes d'Aujourd'hui, Amandine Guyaut - "Intéressant comme question… Faut que j'y réfléchisse deux secondes…".
Et comme en amour, en promo, on est toujours deux. "L'interview, c'est un jeu, explique cette grande fille au visage de Cheyenne versaillaise. Au pire, c'est un jeu professionnel. Au mieux, c'est un jeu de séduction. Mais le but n'est pas de dire à la presse qui je suis. Le but est de lui donner les clés pour qu'elle comprenne ce que je vends." On ne peut pas être plus clair et, à vrai dire, plus honnête. On a déjà vu des chanteurs plus timorés sur la question du commerce, voire carrément hypocrites. Ceux-là aimeraient nous faire croire qu'ils enregistrent des disques pour le plaisir de les distribuer gratuitement lors de méga-tombolas.
Indépendamment de la qualité de ses chansons, il est difficile de ne pas trouver Zazie sympathique. Même entre les interviews, instants où elle sort de l'exercice de représentation po
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