
A 66 ans, la légende soul de Woodstock reste un modèle déposé.
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Nous aimons bien Joe Cocker. Et pas seulement parce qu'il a ébloui 300.000 hippies défoncés à Woodstock et fait pleurer les fans de Richard Gere sur le générique final d'Officier et gentleman avec Up Where We Belong. On l'aime aussi pour ce qu'il est. Un homme avec ses faiblesses. Un vrai passionné de soul qui a brûlé la chandelle par les deux bouts, mais a été assez malin pour ne pas finir comme Jimi Hendrix. Un artiste dont la carrière a zigzagué dangereusement, mais qui a enregistré en cinq décennies un fameux paquet de chansons intemporelles.
A 66 ans, il quitte son Mad Dog Ranch du Colorado pour se lancer dans une nouvelle tournée mondiale et promouvoir son vingt-deuxième album. "Hard Knocks" est un bon cru. Du Joe Cocker pur jus avec des ballades, des chansons up-tempo cuivrées, des blues crépusculaires et toujours cette voix indomptable. "Hormis un petit problème à l'œil gauche, je me sens en pleine forme. J'aime encore faire des tournées, mais ça m'ennuierait de ne proposer qu'un répertoire en forme de juke-box. C'est la seule raison pour laquelle j'enregistre encore des albums."
A l'heure où Phil Collins et Peter Gabriel font des albums de reprises, vous, le spécialiste du genre, vous ne signez cette fois que des titres originaux.
Joe Cocker. - J'ai signé un nouveau contrat avec Sony Music. Je leur ai dit: "Faites-moi plaisir. Ne me demandez pas de duo avec Christine Aguilera, de chanson pour un blockbuster à Hollywood, ni de reprise de Ray Charles. Je veux faire mon truc". Et ils m'ont laissé faire.
A quoi ressemble votre vie de "gentleman-farmer"dans votre ranch au Colorado?
Je me lève chaque jour à 6h30 pour me promener avec mes chiens. Je déjeune ensuite avec ma femme Pam, je travaille un peu sur des chansons, je joue au snooker, je ressors pour une balade et je me couche tôt. Quand je suis chez moi, je ne dois même pas couper mon iPhone. Il n'y a pas de réseau.
L'alcool, c'est fini?
Oui, mais il y a la punition de Dieu. Je ne me socialise presque plus. Quand ma femme veut boire du vin, elle va chez des amis. Moi je reste à la maison. La tentation est toujours là. C'est la raison pour laquelle je ne retourne plus dans ma ville natale de Sheffield. Les amis que j'ai encore là-bas sont tous alcooliques.
Avez-vous conservé le télégramme de félicitations que les Beatles vous ont envoyé en 1969 pour votre reprise de With A Little Help For My Friends?
Je me vois encore le mettre sur une pile de papiers dans l'appart que j'occupais alors à Chelsea. Et je l'ai perdu… comme la paire de boots étoilées que je portais au festival de Woodstock en 1969. Des musées m'ont offert des fortunes pour les acquérir.
Quel album conseilleriez-vous à l'adolescent qui souhaite vous connaître?
"Stingray", un disque que j'ai enregistré en Jamaïque en 1976 avec des musiciens noirs. Personne ne l'a écouté à l'époque, mais c'est celui que je préfère.
Luc Lorfèvre
Le 12/10 à Forest National.
ROCK
Joe Cocker
"Hard Knocks"
JJ
Sony/BMG
Tags: The Beatles, Joe Cocker, Woodstock, Richard Gere
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