The Tellers: L'union fait la force (Morceau gratuit à télécharger)

The Tellers: L'union fait la force (Morceau gratuit à télécharger)
culture19/10/2010 08h53

Voici un an, nous croisions Ben Baillieux-Beynon, le chanteur des Tellers, aux Fêtes de Wallonie à Namur. Le ton était à l'amertume.

Son pote Charles avec qui il avait formé le groupe à l'âge de 18 ans avait jeté l'éponge. Les mots étaient durs, sans équivoque et pourtant, en nous quittant, il nous avait dit "peut-être qu'un jour"…

 Au moment où vous lisez ces lignes, les Tellers sont en tournée aux Etats-Unis où "Hands Full Of Ink" est enfin disponible. Son successeur "Close The Evil Eye" sort en Belgique cette semaine et suscite déjà des commentaires enthousiastes, notamment sur foi d'une poignée de concerts euphoriques donnés cet été. Charles n'est plus là, mais les Tellers sont désormais à cinq: Ben à la guitare et au chant, Fabrice (Austin Lace, Hallo Kosmo) à la basse, Joos à la guitare, Cesar à la batterie et Aurélie aux claviers. "Une fille dans le groupe, ça nous enlève l'étiquette "boys band" et ça nous oblige à être moins grossiers dans nos blagues", lâchent Fabrice et Ben.

 Plus sérieusement, cet apport de sang neuf alimente les nouvelles chansons des Tellers qui gagnent en consistance tout en conservant leur spontanéité. "Même si je m'en défendais à l'époque, j'étais plongé à fond dans les Libertines quand j'ai fait le premier album des Tellers, poursuit Ben. J'ai gardé cette envie de pondre des morceaux en quatre accords avec une guitare acoustique, mais j'ai aussi écouté beaucoup d'autres groupes qui m'ont donné l'envie d'enrichir les mélodies."

 L'histoire des Tellers aurait pu être celle, trop connue, du "petit groupe belge sympa" croyant atteindre le nirvana avec son premier disque et qui se sépare au moment de se rendre compte que le plus dur reste à faire: convaincre et s'inscrire dans la durée. Ben sait qu'il est passé par le chas de l'aiguille. "A la fin de notre tournée en 2009, j'étais lessivé, physiquement et mentalement. J'adoptais une attitude de branleur quand il s'agissait de répéter et j'étais incapable d'écrire une chanson en entier. Fabrice m'a donné des coups de pied au cul et a réussi à instaurer une nouvelle dynamique. Après plusieurs mois de tâtonnement, les morceaux ont pris forme. Le label nous laissait carte blanche pour le producteur. On a proposé Damon Albarn, mais nous n'avons jamais eu de réponse (rire). On a essayé ensuite Gordon Raphael, producteur des deux premiers albums des Strokes et là, surprise, le gars s'est pointé à notre concert aux Nuits Botanique. Trois jours après, il enregistrait notre disque!"

 En privilégiant l'énergie brute et la fragilité des compositions, Gordon Raphael a bien fait les choses. Le son de "Close The Evil Eye" est un peu sale. Les mélodies sont accrocheuses. Le ton reste globalement pop et surtout positif, même si les deux premières chansons (Drama et Evil Eye)font écho à la période de doute qu'a traversée Ben. Et si Like I Say ou I've Got a World rappellent encore la filiation avec Pete Doherty, Cold As Ice, l'épuré Secrets ou le remuant Silent Hills affirment de nouvelles ambitions d'un groupe ressuscité.

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Luc Lorfèvre

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