
Adieu les super-héros. Voici venu le temps des super-méchants. Excellent!
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Loin du prestigieux Pixar ou des rouleaux compresseurs Disney et Dreamworks, les studios Universal n'ont jamais brillé dans l'animation. En effet, leurs dernières productions (La légende de Despereaux et Georges le petit curieux) ont été des bides monumentaux. C'est dire si personne n'attendait le dernier venu: Moi, moche et méchant. Pourtant, le miracle s'est produit. Avec déjà 450 millions de dollars de recettes, le film de Pierre Coffin est l'une des surprises majeures de l'année 2010. Un succès amplement mérité d'ailleurs car Moi, moche et méchant est un vrai divertissement familial: simple, jouissif, magnifiquement animé, servi par des personnages hauts en couleur avec ce qu'il faut d'action, d'humour, de tendresse et d'amour.
Gru est un vilain méchant. Un inventeur maléfique qui, avec son armée de Minions, a déjà volé la statue de la Liberté (mais la petite, celle de Las Vegas). Autant dire qu'il est jaloux du jeune Vector qui a dérobé la pyramide de Gizeh et menace sa suprématie de "plus grand vilain du monde". Il veut donc taper un grand coup avant de prendre sa retraite: voler la lune. C'est à ce moment que trois petites orphelines font irruption dans sa vie. Bien décidé à se servir des fillettes pour mettre son plan à exécution, il décide de les accueillir. Mais chez lui, elles n'auront pas le droit "de pleurer, d'éternuer, de vomir ni de péter". Le grand méchant Gru saura-t-il résister à la gentillesse et au manque d'amour des trois fillettes?
Gru est un personnage assez simple: un homme un peu malheureux qui s'est autoproclamé "plus grand méchant du monde". Mais un bon film d'animation ne peut se passer d'excellents personnages secondaires. Et c'est l'une des grandes réussites de ce Moi, moche et méchant. Car Gru ne travaille pas seul. Pour parvenir à ses fins, il peut compter sur son armée de Minions. Sortes de petits bidibules courts sur patte qui parlent un charabia incompréhensible. Ce sont de vrais sous-fifres, qui n'ont aucun libre arbitre et ne jurent que par Gru. Elément hilarant de l'histoire: alors qu'ils sont non seulement identiques mais aussi innombrables, il les appelle tous par leur prénom. Une magnifique trouvaille.
Moi, moche et méchant est (juste après Toy Story 3) le meilleur divertissement familial de l'année. Si les petits vont éclater de rire, les adultes ne seront pas en reste. Outre un humour qui plaira à tout le monde, les grands y verront aussi une jolie dose de subversion. Par exemple, chez le vilain Gru, pratiquement tout le mobilier est constitué d'animaux en voie de disparition empaillés. Et sa cruauté envers les enfants est sans limite. Par ailleurs, pour financer ses mauvais coups, Gru a accès à un établissement appelé "La banque du mal, anciennement Lehman Brothers". Un clin d'œil féroce à l'actualité et une manière de rappeler qui sont aujourd'hui les vrais méchants. Allez-y. Promis, vous allez vous marrer!
Jérôme Colin
Tags: Pixar, Dreamworks, Pierre Coffin, Disney
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