
Le bad boy du groove reçoit dans son manoir pour évoquer les bagnoles, la came et le dance-floor. Confessions à la campagne.
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Pour officialiser le retour de Jamiroquai, cinq ans après son dernier album "Dynamite", son leader Jay Kay reçoit à domicile. "Les interviews, ça m'a toujours emmerdé, annonce d'emblée le maître des lieux. Mais ça devient carrément un supplice si je dois rester coincé une journée entière dans un hôtel pour répondre à des questions à la con. Pour la sortie de "Rock Dust Light Star", j'ai dit à Universal Music: "je fais ça chez moi ou je ne fais rien"."
Jay Kay vit à Horsenden Manor, une propriété de32 hectares perdue dans la campagne du Buckinghamshire, à une bonne heure de Londres. Depuis sa construction en 1810, le manoir a été habité par des fantômes (c'est ce qu'on raconte au village voisin de Princes Risborough), des aristos, un archevêque et par une rock star retraitée. Chacun des propriétaires y a apporté sa touche personnelle. Les fantômes ont laissé des voix, l'archevêque a construit une chapelle et Jay Kay n'y est pas allé de mainmorte. Les écuries ont été aménagées en garages pour sa quarantaine de voitures de collection, la piste d'équitation est devenue un circuit automobile, la grange à foin a été reliftée en studio d'enregistrement et il a même transformé une annexe en pub very british avec poêle au bois, jeu de fléchettes et whisky douze ans d'âge. Avoir vendu vingt-cinq millions d'albums, ça aide.
Dans la cour du manoir, un employé nettoie au tuyau d'arrosage les jantes d'une Aston Martin. Elle est garée à côté d'un vieux modèle Porsche, d'une Rolls Royce Phantom et d'une Mercedes coupé. Devant un autre box à quatre portes, on peut voir un panneau "ONLY FERRARI PARKING". En face, à une cinquantaine de mètres de la demeure privée de Jay Kay se situe le studio. Console hi-tech, Protools, des Mac un peu partout, des enceintes Bose, des câbles et des revues d'automobile qui prennent la poussière. C'est ici que "Red Dust Light Star" a été mis en boîte pendant ces deux dernières années. "Nous avons travaillé au rythme du patron, expliquent les producteurs Charlie Russell et Brad Spence. Jay est un génie. Quand il a une idée, rien ne l'arrête. Mais lorsqu'il n'a pas d'inspiration, il ne se casse pas la tête contre les murs. Il prend une de ses voitures et part faire un tour dans la campagne. Et nous, on attend. L'hiver dernier, il en a eu marre de la pluie et nous a tous acheté des billets d'avion pour la Thaïlande. C'est un impulsif."
Jay nous attend dans son pub. Notre dernière rencontre à Forest National en 2001 s'était mal passée. Il était à fond dans la coke et en voulait à la planète entière. "Je suis un autre homme aujourd'hui", confie-t-il. Après la compilation "High Times" parue contre son gré en 2006, Jay Kay a participé à des rallyes pour riches. Il a passé son brevet de pilote d'hélicoptère, payé des amendes pour excès de vitesse, lancé une ligne d'accessoires pour Hugo Boss ("JK For Hugo") et, en passant, cassé deux ou trois mâchoires de paparazzi. C'est au printemps dernier qu'il a amorcé son retour. L'homme est bavard, imprévisible et ne tient pas en place. Tout en répondant à nos questions, il sort du pub pour donner à boire à ses chiens, se roule un joint derrière le comptoir, se couche dans un canapé, effectue deux pas de danse en mimant Stevie Wonder et se met à genoux afin d'évoquer les méfaits de la religion.
Pourquoi avoir arrêté la musique pendant cinq ans?
Jay Kay. - Parce que je n'étais plus heureux. Quand j'ai annoncé que je prenais ma retraite, je le pensais sérieusement. J'étais lassé de tout ce cirque. Je ne voulais plus discuter avec les gens de Sony/Music. J'en avais marre d'être obligé de faire des duos à la con à la télé française. J'en avais assez de tous ces parasites qui gravitaient autour de moi.
Vous n'exagérez pas un peu?
Dans ce milieu, c'est 18 % de musique et 82 % de business. Mais le business m'a pompé toute mon énergie. Je ne voulais même plus écrire. Quand j'ai sig
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