
Ils écrivent des chansons sur leur scooter, se fringuent aux fripes, kiffent les Strokes, Tarantino et The Social Network. Un vrai groupe 2010.
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Un an après sa sortie, l'album "Nico Teen Love" des BB Brunes est réédité en version collector avec chansons inédites et reprises. Le groupe est encore pour au moins deux mois sur les routes à défendre son rock one-two-three-four devant un public de moins en moins juvénile. Le succès est là, la concurrence (la pseudo-classe biberon du rock français) est retournée au lycée et ceux qui perdaient leur temps à les démolir ont trouvé d'autres jeunes victimes.
"Ça se passe plutôt bien", reconnaît Adrien Gallo, chanteur-auteur-compositeur des BB Brunes (en haut à droite sur la photo). "On se fait encore accoster par des types qui sont très fiers de nous dire qu'ils détestent les BB Brunes, mais on voit aussi que le public a changé à nos concerts. Il y a toujours une majorité de filles, bien sûr, mais nous sentons désormais que nous avons les mêmes références, la même culture et que ce n'est pas lié à Noir Désir ou à Téléphone, les deux groupes qu'on cite toujours en France. C'est aussi vrai du côté des médias et des artistes qui ont fait l'effort de venir nous voir sur scène. Ils aiment ou ils n'aiment pas, mais ils nous considèrent comme des musiciens et plus comme un phénomène de mode. Benjamin Biolay nous a avoué avoir lu des choses horribles sur nous, mais il a voulu se faire sa propre idée. Et il a aimé. On s'est trouvé plein de points communs avec lui. On savait qu'il était fan de rock anglo-saxon et de Gainsbourg mais, comme nous, il kiffe aussi NTM et Pete Doherty. C'est important de pouvoir partager ça."
"Nous ne remercierons jamais assez nos parents qui nous ont nourri aux Beatles et Rolling Stones. Dans notre tour bus, nous écoutons un peu de tout, mais ce sont les disques des White Stripes, des Libertines et des Arctic Monkeys qui font l'unanimité. On place les Strokes au-dessus du lot car c'est eux qui nous ont donné l'envie de former un groupe. "This Is It", leur premier album paru en 2001, a servi de déclencheur. On aime tout chez les Strokes: le son, le look, l'identité et cette démarche bien à eux, à la fois inspirée du passé et parfaitement dans son époque. Pour notre génération, ce sont les sauveurs du rock."
"Nous avons du sommeil à récupérer mais ce n'est pas pour tout de suite. Nous venons de terminer le clip de notre nouveau single Britty Boy, on a mis en boîte un EP de huit chansons en anglaiset on repart ces deux prochains mois en tournée. Pour la nouvelle version collectorde "Nicoteen Love", on a enregistré une relecture assez personnelle de I'm A Lady de Santigold. Nous avions aussi enregistré Let's Spend The Night Together des Stones, mais on l'a laissé de côté. Tout le monde nous attendait sur ce coup-là. On ne voulait pas donner le bâton pour nous battre."
"Même si nous ne nous imposons pas un dress code draconien, l'image est très importante pour les BB Brunes. Sur les photos officielles ou dans nos clips, nous voulons insister sur cette notion de gang, de clan, de bande de potes comme le font les groupes anglais. Ils sont très forts pour ça. On achète nos fringues dans les petites boutiques ou aux fripes à Paris. A la sortie de notre premier album, Jean-Charles de Castelbajac nous a invités à son atelier et dans ses défilés. Il est assez rock comme mec. On a porté pas mal de ses vêtements lors de la tournée."
"Faute d'étiquette, la presse nous a profilés dans la classe biberon du rock parce que notre premier album "Blonde comme toi" est sorti plus ou moins en même temps que celui d'autres jeunes groupes de rock français à guitares. Nous n'avons jamais eu l'impression de faire partie d'une famille. D'ailleurs, toutes les formations auxquelles les médias nous rattachaient ont disparu. BB Brunes, c'est un groupe de rock avec un son garage, des mélodies pop et une énergie punk. Point."
Tags: The Strokes, Quentin Tarantino, Téléphone, BB Brunes, Adrien Gallo
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