
Bruno Caliciuri baisse enfin la garde pour évoquer son adolescence, Brel, U2 et la pêche à la truite.
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Puisqu’une grosse partie de son public lui est acquise, Bruno Caliciuri aurait pu se laisser porter par le courant et sortir un album aussi transparent que l’eau claire, calque parfait de son blockbuster "L’espoir" paru en 2008. "Je suis certain qu’il se serait bien vendu, mais je me serais ennuyé en l’enregistrant et en le jouant sur scène."
Rassemblées sous le titre kilométrique "La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur", les nouvelles chansons de Cali réussissent à évoquer à la fois les meilleurs moments d'Arcade Fire (Je sais ta vie) et Faithless (Je n’attends que sa revanche). "J’ai inévitablement subi des influences musicales inconscientes en enregistrant ce disque. Mais sa production finale, plus brute qu’attendu, reflète davantage une méthode de travail que des références précises. Nous avons mis vingt-deux morceaux en boîte (dont treize se retrouvent sur la version finale- NDLR) à la manière d’un jeu de dominos. Je ne me suis pas donné de seconde chance. Il en résulte une sorte de tension latente."
Cali a convié de vieilles connaissances, comme le violoniste Steve Wickham des Waterboys, déjà présent sur "Menteur" en 2005. "C’est lui qui joue du violon sur Sunday Bloody Sunday de U2. Je ne sais pas si c'est votre cas, mais moi, ça continue à m’impressionner." Guitariste fétiche de Bashung et d'Arno, Geoffrey Burton joue, arrange et réalise "La truite". "Geoffrey est un sacré musicien. Il avait pour mission d'emmener ce disque vers d'autres horizons et il a répondu à toutes les attentes."
Vous êtes-vous demandé à quoi tenait votre succès?
Cali. - Vous testez ma modestie, là! Je veux croire qu’il s’agit d’un mélange de chance et de talent. J’ai galéré durant des années et puis, tout à coup, je me suis sans doute trouvé au bon endroit au bon moment. Mes projets de chansons sont visiblement tombés sur le bon bureau à un moment où un dénicheur de talents avait justement un peu de temps pour les écouter. D’un autre côté, j'ai la prétention de dire qu'il y avait de la qualité dans les maquettes qui ont donné naissance à mon premier album "L’amour parfait" en 2003. Ma maison de disques ne m’aurait pas signé pour me faire plaisir. Mais bon… Je suis superstitieux: il ne faut pas trop s’interroger sur les raisons du succès. Sinon on risque de le perdre en cours de route.
A l’issue de votre premier concert belge à la Rotonde du Botanique, en 2003, vous nous aviez dit: "J’ai réalisé mon rêve, il y avait 300 personnes dans la salle". A quoi aspirez-vous aujourd'hui?
Cali. - La liberté de choisir. Un exemple? Je peux refuser des invitations promotionnelles qui ne me plaisent pas. J’avais participé à On n'est pas couché de Laurent Ruquier à la sortie de mon disque "L'espoir". C’était très utile! Car cela m’a permis de savoir que je ne souhaitais plus jamais y retourner. Personne ne me dicte plus rien.
Le titre de votre album, c'est de la provoc?
Cali. - J’ai déjà entendu pas mal de remarques à ce sujet et ça me fait bien rire. Un ami qui était à la pêche et éprouvait visiblement le besoin de partager sa joie du moment m’a envoyé un SMS avec cette phrase: "La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur". Et dès ce moment, j’ai décidé, je ne sais trop pourquoi, que ce serait le titre de mon prochain disque. Quand Olivia Ruiz a sorti "La femme chocolat", ses fans lui en ont offert des tonnes. On verra bien ce que je recevrai.
La truite est un poisson qui ne se laisse pas domestiquer et nage à contre-courant. Comme vous?
Cali. - Je n’ai pas toujours nagé à contre-courant. Je suis un battant, pas un rebelle.
[...]
Vous êtes un grand admirateur de Jacques Brel. Votre chanson Nous serons tous les deux peut-elle être considérée comme un clin d'œil à Ne me quitte pas?
Tags: Jacques Brel, U2, Cali, Waterboys
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