
L'icône néo-soul pleure en écoutant Johnny Cash, se coiffe comme Bardot et en a marre de jouer la pauvre petite fille riche.
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"Endlessly" sonne comme le deuxième chapitre de l’histoire sans fin de Duffy. Comme un jalon supplémentaire dans le parcours de la jeune artiste galloise qui a surfé avec talent et opportunisme sur la vague néo-soul initiée par une certaine Amy Winehouse. Les six millions et demi de personnes qui ont acheté son premier album "Rockferry" en 2008 trouveront à nouveau leur bonheur avec cette collection de chansons qui réussit l’exploit, commercial et artistique, de sonner comme du "déjà entendu"tout en offrant une approche moderne et catchy. En témoigne notamment le premier single hip-hop Well, Well, Well réalisé avec la formation hip-hop The Roots. Dans son repère londonien, où elle nous accueille en exclusivité, Duffy nous dévoile son univers contrasté mais parfaitement assumé.
"J’assume complètement que "Endlessly"soit perçu comme la suite logique de "Rockferry". Si l’on voulait me coller une étiquette, le terme de "néo-soul" serait le moins mal approprié. Mais j’avais aussi envie d’ouvrir doucement d’autres portes, en lorgnant notamment vers le dancefloor. J'ai travaillé à Los Angeles avec The Roots. Voici deux ans, j'avais refilé un exemplaire de mon premier album à leur chanteur/batteur Questlove en lui proposant une collaboration. Il n'avait jamais donné suite. Je ne suis pas dupe: je porte un nom auquel il est devenu cool de s’associer aujourd'hui."
"Je n’ai pas grandi dans un milieu favorisé. Je mesure donc chaque jour la chance de jouir de cet incroyable et improbable succès. Maintenant que je l’ai obtenu, plus question de le perdre. Je pense que la majorité des ingrédients de la réussite tiennent dans notre environnement immédiat. Je ne partais pas avec de bonnes cartes au départ. Je me suis donc créé un biotope plus propice. Je ne tolère personne qui envoie des mauvaises ondes. Si j’avais écouté les gens qui voulaient m'aiguiller dès l'école primaire, je me morfondrais aujourd'hui dans un job ennuyeux. En fait, c’est le refus de trop de compromis qui façonne quelqu’un d’unique."
Je suis passée par une longue phase de doutes avant d’enregistrer "Endlessly". J’ai même songé à arrêter la musique. Jusqu'alors, j’avais sacrifié ma vie pour le succès. Mais je ne savais pas qu'il y avait un revers de la médaille. Personne n’est jamais bien préparé à vendre des millions de disques et à ne plus pouvoir sortir dans la rue sans être poursuivi par des photographes. C’est pour cela qu’une part de moi-même me suggérait de tout arrêter. Mais une autre me disait que je ne n’avais plus le choix. Que je ne pouvais plus reculer et qu’il fallait aller de l’avant. C’est finalement celle-là que j’ai écoutée!"
"Je suis à la lettre le conseil d’Albert Hammond (auteur-compositeur et père du guitariste des Strokes - NDLR) qui m’a aidée à réaliser "Endlessly": "Ne laisse rien ni personne te dicter ce que tu dois faire. Va où tu veux et le plus vite possible". Depuis le succès de "Rockferry", je suis très écoutée. Je me sens parfois mal à l’aise dans la peau de la jeunette de 26 ans qui discute d’égal à égal avec des producteurs qui ont deux fois son âge. Pour oser faire passer mes idées, j’essaie donc d’oublier que je suis une pop-star juste sur la foi d’un disque contenant dix titres."
"J’ai reçu plusieurs propositions de grands réalisateurs à Hollywood. Je n’ai rien refusé, mais je leur ai demandé un peu de temps. Je ne suis pas une actrice-née, même si le cinéma m’intéresse et paraît presque une extension naturelle de ma carrière. A l'heure actuelle, je n’ai tenu qu'un petit rôle dans Patagonia sous les conseils presque paternels du réalisateur anglais Marc Evans (Trauma). Le tournage a duré trois semaines et j’en garde un excellent souvenir. Il y en aura d’autres, c'est sûr."
Tags: Johnny Cash, Brigitte Bardot, Duffy
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