
Robuste et rêveur, le Belge se donne aujourd'hui les armes d'une carrière française.
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A la sortie de "Vous êtes ici", son premier album, Télé Moustique écrivait: "Ce garçon n’a rien à envier aux plus beaux orfèvres de la chanson française". Craquer pour Saule aux premières heures de sa carrière n’avait rien de visionnaire. Il y avait tout simplement une évidence. Cette grande branche de deux mètres écrivait des mélodies subtiles et racontait des histoires aux chutes souvent délicieuses. Il tapait juste et dans ses meilleurs moments (Saule, Si, Le Baiser, Le Bal des timides) nous foudroyait de tendresse. Un énorme succès en Belgique, une jolie tournée française, un spectacle mis en scène par l’équipe Dragone, la bande originale du film Cowboy de Benoît Mariage, Baptiste ne s’est pas vraiment arrêté. Il a eu un fils aussi.
Peut-être pour laisser une trace, celui qui s’effaçait derrière ses personnages a cette fois décidé d’entrer dans le cadre de ses chansons. De se dévoiler comme on dit pompeusement. "En écoutant le premier album, je me suis aperçu qu’il n’était qu’une infime partie de moi. Il y avait ma joie, ma tendresse mais en aucun cas mes angoisses de solitude ou mes moments de mélancolie. Ils font pourtant partie de moi et je leur trouve des côtés jouissifs. Par exemple, quand je vais mal, je m’écoute un disque encore plus triste que moi. Ça fait du bien." En voyant ce grand bout d’homme parler de ses chansons et de sa passion d’être saule, il vient en tête une jolie phrase d’Hugo: "La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste".
En fait, Baptiste Lallieu de son vrai nom est à l’image de son disque: robuste et rêveur. Un grand arbre qui pleure mais ne rompt pas. Avec Seb Martel (musicien de M) et ses pleureurs, il accouche d’un album qui met de côté les fulgurances du passé pour une cohérence d’ensemble. Avec une collection impressionnante de singles à proposer aux médias (Personne, Western, Comme un nuage, Désert, Nanana, Rupture, Petite Misère), Saule se donne aujourd’hui les armes d’une carrière française. "Je ne sais pas s’il y a de la place pour moi. On verra". Quoi qu’il arrive, "Western" n’a rien à envier aux disques d’or de Mathieu Chédid ou Renan Luce. Dans le monde de la chanson française, les chansons de Saule sont des perles rares et le bonhomme, un cadeau.
Dans le morceau d’ouverture, vous chantez "Je n’ai personne où aller". Quelle a été la réaction de vos proches?
Ils ont eu très peur. Ils se sont demandé si j’allais bien, si je n’avais pas jusque-là caché des choses. J’ai juste voulu transcrire un état dans lequel on se trouve tous un jour, acculés, sans savoir que faire. Lorsqu’on est désemparé, on se doit de trouver un refuge. Pour moi, le meilleur endroit où aller lorsqu’on est perdu, c’est l’humain. Cela dit, j’ai besoin de mon spleen. C’est ma manière de fonctionner.
"Western" est un disque de contraires car on y retrouve aussi le festif Nanana?
Oui, et c’est un équilibre que j’ai cherché à préserver. C’est un morceau fanfare dans le plus pur esprit de Sgt. Pepper’s. Il y a dans ce disque des chansons pour conforter mon mal et d’autres pour exprimer ma joie, pour bondir et exploser.
C’est un morceau qui n’a d’autre objectif que faire du bien?
Mes meilleurs souvenirs d’enfance, ce sont les repas de famille. On prenait des instruments de musique et l’on chantait. C’était la liesse et plus rien n’existait sinon ce moment-là. C’est exactement la sensation que je recherche avec ce Nanana. C’est le cri de joie, un hymne de fête sur lequel tout le monde peut se réunir et lâcher prise.
Le disque est plus robuste musicalement. Paradoxalement, il dévoile un peu plus vos propres doutes et blessures?
Le mot d’ordre de ce projet, même s’il peut paraître bateau, c’est la tendresse. C’est pour cela que j’ai créé Saule. En tant qu’auditeur de musique, j’adore sentir ma carapace se fendre, les émotions me submerger. En tant qu’artiste, c’est donc quelque
Tags: Theatre, expression, jeux de société, émotions, pleurer
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