Parachutes dorés, paradis fiscaux: la fête est finie

Parachutes dorés, paradis fiscaux: la fête est finie
actu societe31/03/2009 09h35

Rémunérations faramineuses et autres comptes en Suisse ne sont pas seulement indécents. Ils mettent désormais nos économies en danger.

A la tête de la défunte banque d'investissement Lehman Brothers, Richard Fuld aura fait ce qu'on appelle une belle carrière. Ces huit dernières années, il a amassé 480 millions de dollars. A de tels sommets, parle-t-on encore de salaire ou plutôt d'offrandes déposée aux pieds de demi-dieux? On peut comprendre que l'ancienne idole de Wall Street se soit crue éternelle. Faites le calcul: avec vos 26.000 euros de salaire belge annuel moyen, pour gagner une seule année du sien, il vous faudrait trimer 17 siècles.

 En juin dernier, Jean-Paul Votron, alors CEO de Fortis, se justifiait à propos de la dernière augmentation (+ 15 %) de sa rémunération (4 millions d'euros, soit environ 150 fois la vôtre): "Il n'y a pas beaucoup de gens qui savent faire le boulot que je fais, tout comme peu de gens savent jouer au tennis comme Justine Henin". Une race à part, les patrons? Quelques mois plus tard, Richard Fuld et Jean-Pierre Votron étaient rappelés à leur condition de simples mortels. A la mi-septembre, Lehman Brothers était mise en faillite. En octobre, les revers de Fortis devenaient aussi fameux que ceux de Justine Henin.

 Mais tous les patrons ne sont pas pour autant redescendus sur terre, loin de là. Alors que leurs entreprises s'écrasent, souvent par leur faute, d'anciens dirigeants continuent à planer loin au-dessus de la débâcle, maintenus en suspension par les parachutes dorés et autres primes de départ mirobolantes. Récemment, le quotidien Libération en a repéré un spécimen de choix. Thierry Morin, ex-P.D.G. du sous-traitant automobile Valéo, lévite grâce à un parachute de 3,2 millions d'euros. Mieux: quand il atterrira, Valéo lui versera une "retraite-chapeau" de 800.000 € annuels, de ses 65 ans à sa mort. Le ciel américain est, quant à lui, littéralement encombré d'oiseaux de la même espèce. A vous donner comme des envies de tir aux pigeons… En février dernier, au plus fort de la crise, les élites de Wall Street se sont octroyé 18,4 milliards d'euros de primes et autres bonus. [...]

Parachutes dorés: les plus gonflés

Aux Etats-Unis
Stanley O’Neal (Merrill Lynch, 2007): 161,5 millions $.
Charles Prince (Citigroup, 2007): 95 millions $.
F. Ross Johnson (RJ Reynolds Tobacco Company, 1989): 58 millions $.

En France
Phillipe Jaffré (Elf, 1999): 40 millions €.
Daniel Bernard (Carrefour, 2005): 38 millions €.
Jean-Marie Messier (Vivendi Universal, 2002): 20,5 millions €.

En Belgique
En quittant InBev, en 2005, l'Américain John Brock n'a obtenu que 20 millions € (il en réclamait 30). Jan Coene s'est, lui, octroyé 22,4 millions € de primes (mais en trois ans) lors de son passage chez Picanol. Quant à Herman Verwilst, qui dirigea Fortis durant 78 jours, il a dû renoncer, sous la pression du gouvernement, à sa prime de 5 millions €.

Une carrière bien remplie


Golden Hello. Certains patrons ou hauts cadres reçoivent une prime de bienvenue atteignant parfois le million d'euros.

Primes, bonus, stock-options. En plus de leur salaire, des primes sont parfois accordées aux dirigeants. En cas de bonne performance, normalement… Parmi elles, les fameuses stock-options. Il s'agit d'options sur des actions de l'entreprise à un prix fixé. Après un délai minimum, l'option peut être levée. Entre-temps, en général, le cours de l'action a monté. Tout bénéfice.

Parachute doré et retraite-chapeau. Outre le parachute doré (en cash et/ou en stock-options), la "retraite-chapeau" accordée à certains patrons leur garantit près d'un million d'euros supplémentaires par an, payables jusqu'à leur mort.

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