
Créé par le plus jeune milliardaire de la planète, le célèbre site a donné naissance à l'internet à visage humain. Echapperez-vous au phénomène?
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Pour certains, Facebook ne sert à rien. Pour d’autres, il est devenu une nouvelle manière de vivre. Quoi qu’il en soit, il est devenu un véritable phénomène: il vient de franchir la barre symbolique des deux cents millions d’utilisateurs. Au regard du nombre d’internautes actifs sur notre planète (1,5 milliard), c'est un succès époustouflant. Celui de ce qu’on appelle un réseau social. Il permet à chacun de se créer un groupe d’"amis" et d’échanger avec eux textes, images et vidéos. Jusque-là, rien de très incroyable. A quoi tient donc ce carton planétaire? Quel rôle tient Facebook dans nos habitudes sociales? Par qui est-il employé et dans quel but? En être ou ne pas en être? Telles sont les questions.
Alors que certains annonçaient sa mort il y a un an, le site connaît depuis plusieurs mois une nouvelle explosion de trafic. Chaque jour, pas moins de 200.000 nouveaux profils sont créés. En Belgique, il en existe plus de deux millions. "Le plus hallucinant, c’est que le profil des membres a changé", souligne Brice Le Blévennec, patron d'Ex Makina, société spécialisée en nouveaux médias. "Ce ne sont plus les ados ou les fous d'informatique qui s’inscrivent, mais bien ma mère et mon voisin. C’est tout le monde." Au rayon des phénomènes du Net, Youtube clamait: "Regardez mes vidéos". Myspace chantait: "Ecoutez ma musique". Facebook, lui, crie: "Regardez ma vie comme elle est belle!"
Facebook n’est pas le premier site à tenter de rassembler la planète autour des notions d’ego et de partage. Il y a eu Friendster ou Linked In, mais aucun n’est parvenu à un tel degré de notoriété. Pour tenter de comprendre l’ampleur du phénomène, un peu d’histoire s’impose. Facebook est lancé en février 2004 par Mark Zuckerberg (en compagnie de deux amis, Dustin Moskovitz et Chris Hugues) pour faciliter l’échange d’informations au sein des étudiants de Harvard. Le "livre des têtes", en référence aux trombinoscopes étudiants, crée l’événement sur le campus. Devant le succès, Zuckerberg ouvre le portail à d’autres établissements universitaires. L’engouement est identique.
L’idée est bonne et Zuckerberg, du genre têtu. Après quelques levées de fonds, il ouvre la plate-forme à l’Amérique du Nord avant de conquérir le monde. Aujourd’hui, il est selon Forbes le plus jeune milliardaire du monde. Il a également été élu 51e personne la plus influente de la planète par Time Magazine et sa société est évaluée à quinze milliards de dollars (une affirmation mise en question, voir encadré). Sur le Net, fleurissent aussi des sites de fans à sa gloire. Pourquoi le jeune patron d’une société pesant des milliards collectionne-t-il des fans au même titre que les acteurs et les rock stars?
Tout simplement parce que Zuckerberg a changé la face du Web. "Avant, il y avait l’internet des pages, explique Brice Le Blévennec. Depuis Facebook, il y a l’internet des gens. Lorsque vous faites une recherche dans Google, vous passez de page en page. Facebook, lui, vous entraîne d’humain en humain. Il ajoute à l’internet une véritable valeur émotionnelle. Elle est là, la véritable révolution." Ainsi Facebook fabrique-t-il un internet autour de l’individu. "Il agrège autour d’une personne tout ce qui fait le succès de l’internet: le texte, les photos, la vidéo. A l’image de Google, Facebook est une nouvelle porte d’entrée vers le Web. Moins mathématique, plus sensorielle et émotionnelle. On peut donc le voir comme un moteur de recherche qui opère une discrimination dans l’immense masse d’infos contenue sur le Net."
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