Le plaisir féminin, marché d'avenir

Le plaisir féminin, marché d'avenir
actu societe16/06/2009 09h12

La jouissance féminine est non seulement devenue un droit, mais aussi, parfois, un devoir. Pour le plus grand plaisir d'un marché florissant.

Les mystères du point G", "Toutes femmes fontaines?", "Le porno au féminin", "Mon vibro a changé ma vie"… Les unes de magazines ne laissent pas place au doute. Finie, l'ère de l'homme seul maître des plaisirs. La sexualité des femmes leur appartient. Elle n'est plus un tabou ni un sujet de blagues douteuses. Tant mieux. Même si on peut se demander si la surexposition de l'orgasme féminin obligatoire, multiple et jaillissant de préférence, n'a pas engendré aussi beaucoup de questions et de frustrations. Une chose est sûre en tout cas: cette ruée des femmes vers l'orgasme fait le bonheur de ceux qui en font leur business. Un commerce aux chiffres faramineux.
Stratégies, le très sérieux magazine français, affirme même que le marché des sex toys semble profiter de la crise.

Voir aussi les sex toys en photos et vidéos

 En ces temps moroses, on cherche de petits plaisirs à la maison. Et il y en a pour tous les goûts, tous les besoins et tous les moyens. Les dessous sexy et raffinés ne sont plus réservés aux privilégiés. Porte-jarretelles et push up en dentelle ont désormais leur place dans les garde-robes des classes moyennes, voire modestes. Le marché mondial des sous-vêtements avoisine désormais les 30 milliards de dollars (21,5 milliards d'euros). Il va progresser encore, notamment dans des pays émergents comme l'Inde et la Chine.

 Il existe des bouquins pour les plus "paresseuses" comme pour les plus déterminées. Celles qui, par exemple, auront la patience de découvrir l'extase tantrique. Dans les kiosques, la sexualité et ses mystères ne sont plus réservés aux magazines féminins. A l'occasion, ils font aussi la couverture des magazines news. Certaines publications se sont même spécialisées, comme S'Toys, un trimestriel français qui offre un jouet sexuel avec chaque numéro.

Golden toy

 De la "traditionnelle" lingerie fine aux petits accessoires (bandeau pour les yeux et menottes en fourrure rose), le pas a déjà été franchi par beaucoup de couples. Les huiles de massage comestibles ou les préservatifs à la fraise ne choquent plus. Quant aux sex toys, près de la moitié (48 %) des lecteurs de Télé Moustique estiment qu'il est "tout à fait acceptable" de les utiliser en couple. Et ce chiffre date de notre grande enquête sur les Belges et l'amour, fin 2006! Comment s'étonner dès lors qu'aujourd'hui, les vibros, boules de geishas et autres godemichés trouvent leur place dans la table de nuit de six jeunes femmes belges sur dix? D'après une récente enquête nationale menée par le magazine Flair, 59 % des participantes détenaient au moins un sex toy (51 % pour les francophones). Certes, les lectrices de Flair font sans doute partie des plus "dégourdies". N'empêche, la tendance est évidente. Elle progresse et elle n'est pas la seule.

 Les jouets sexuels se modernisent d'une manière insoupçonnable. Depuis le déjà classique canard de bain aux grands yeux charmeurs, on en a fait du chemin: vibro à l'énergie solaire ou qui trépigne au rythme de votre iPhone, œuf vaginal vrombissant selon les caractères envoyés par SMS ou qui se recharge sur le port USB de votre ordinateur portable… Il existe même des sex toys pour chien! L'inventivité semble ne connaître aucune limite dans ce marché en pleine explosion. Le secteur pèse déjà plus de 10,5 milliards d'euros et le nombre des jouets sexuels dans le monde est devenu si important qu'on se pose désormais la question de leur recyclage (voir www.recyclemysextoy.com)!

 Du coup, les love shops, autrefois réservés aux quartiers branchés des grandes villes européennes, s'étendent désormais à la province: Liège, Namur bien sûr, mais aussi de petites villes comme Tamines! Pour Chantal, qui a ouvert en 2004 Lady Paname, le premier love shop bruxellois, les affaires se "maintiennent bien, très bien même, surtout en vente de cosméti

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