
Un cercueil vide. Un corbillard qui se volatilise dans la nature. Le récit médiatique du décès du roi de la pop prend une tournure de saga gothique.
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Une semaine après la cérémonie d'adieu à Michael Jackson, on n'est toujours pas sûr de ce qu'on a vu. La plus grande messe baptiste jamais diffusée à la télé? La plus mauvaise émission de variétés jamais imaginée outre-Atlantique? La plus belle émission de télévangélistes jamais fantasmée par les mêmes Américains? Le premier kidnapping médiatique avec téléspectateurs consentants? Une réunion de famille dans laquelle nous n'avions rien à faire? Un épisode trop long et mal éclairé de Six Feet Under? L'invention de la veillée funèbre planétaire? La découverte du vaccin contre la célébrité? On ne sait pas…
Il est trop tôt pour confirmer ce que les commentateurs en poste mardi dernier s'aventuraient, eux, à affirmer avec imprudence. L'événement, disaient-ils, s'inscrivait dans un moment télévisuel émotionnellement plus fort que les premières images de Neil Armstrong foulant le sol de la Lune. Au moment où on s'apprête à célébrer le quarantième anniversaire de la mission Apollo 11, et au moment où toutes les chaînes de télé s'apprêtent à rediffuser les images prises sur la Lune, on pourra aisément comparer et juger.
Qui, de Mariah Carey, en pleine séance de simagrées vocalisées devant la dépouille de Michael Jacskon, ou de Buzz Aldrin, en bibendum de l'apesanteur à 384.000 kilomètres de la Terre, décrochera le titre du meilleur comédien dans le plus grand événement télé de tous les temps? D'autres diront "de la plus grande supercherie", ce type de happening mondial ayant toujours eu le chic pour livrer, en queue de comète, les doutes de ceux qu'on appelle les "non-believers" (les sceptiques) ou empêcheurs de déguster en rond.
Comme il y a ceux qui prétendent que, du voyage sur la Lune, tout a été mis en scène dans un studio, il y a déjà ceux qui savent que le cercueil de Michael Jackson était vide… Aux dernières nouvelles, comme pour mieux relancer le feuilleton du mystère dans le mystère, on aurait perdu la trace de ce cercueil - chef-d'œuvre de l'art funéraire bling-bling (25.000 $ la pièce), qui se promènerait quelque part dans Los Angeles. Ou ailleurs.
Mais même s'il faut passer à l'eau fraîche les commentateurs, emportés par l'émotion et le lyrisme de leurs interventions, et se ressaisir dans l'hystérie des superlatifs suscitée par la disparition de l'artiste, il est clair que la retransmission de cette cérémonie a sa place dans la mythologie des médias. Elle aurait été suivie de Bruxelles à Santiago du Chili par un milliard de personnes en télé (dont 555.000 Belges) et sur Internet.
Toutes les chaînes de télévision ont programmé le direct, remettant à plus tard le compte rendu du reste de l'actualité et commentant des images qui, parfois, relevaient du n'importe quoi. On pense à la pénible tâche de Marc Ysaye et d'Olivier Monssens qui se sont tapé le commentaire sur une image quasi fixe du Staples Center pendant la première demi-heure de la retransmission.
Il n'empêche, dans ce jeu de pions qu'est l'industrie de l'information, la mort de Michael Jackson a plus ou moins gelé la scène internationale durant deux semaines. Ahmadinejad peut saluer le coup de main inattendu de Jackson qui, du jour au lendemain, parviendra à détourner l'attention des médias des rues de Téhéran où manifestaient ceux qui s'opposaient aux résultats des élections.
Personne, jusqu'ici, n'est parvenu à trouver l'explication de ce débordement médiatique autour de la mort de Michael Jackson. Celui dont l'image a été réhabilitée par un chapelet de personnalités, toutes à genoux devant la grandeur du roi de la pop: Martin Luther King II et Bernice King, les enfants de Martin Luther King, la députée démocrate du Texas, Sheila Lee Jackson (qui a rappelé que "les gens sont innocents jusqu'à preuve du contraire"), l'ex-petite fiancée de l'Amérique Brooke Shields, l'ex-star du basket Magic Johnson… Personne ne comprend réellement ce qui s'est passé pour favoriser cet élan massif de compassion, plus vu depuis la mort de la prince
Tags: in memoriam, Michael Jackson
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