Christine Defraigne:l'interview qui a fait déborder le vase

Christine Defraigne:l'interview qui a fait déborder le vase
actu societe15/10/2009 14h34

Christine Defraigne a été destituée de son poste de chef de groupe MR au Sénat. La goutte qui aurait fait déborder le vase serait l'interview parue dans le Télé Moustique de cette semaine.

Christine Defraigne a été destituée de son poste de chef de groupe MR au Sénat. La goutte qui aurait fait déborder le vase serait l'interview parue dans le Télé Moustique de cette semaine.

L'interview

Vendredi dernier, Christine Defraigne nous appelle en catastrophe pour nous demander de ne pas faire paraître cette interview. Après l’entretien critique paru la veille dans Le Soir, la sénatrice craint qu’une deuxième interview dans Télé Moustique soit, à tort, interprétée comme un geste de provocation et de défiance: "Je ne veux pas bouter le feu au parti". Dans la soirée, nous apprenons que Christine Defraigne affrontait en fait un dégommage pur et simple. Des sénateurs MR tentaient d’organiser la destitution de l’élue liégeoise en tant que chef de groupe au Sénat. Nous avons donc décidé de publier cette interview. Parce qu’elle est nuancée. Et qu’elle démontre par l’absurde le niveau de paranoïa atteint par la direction du MR et ses zélés soldats. Jugez vous-même.

Pourquoi vous exprimer publiquement?
Christine Defraigne. - Parce que les choses doivent pouvoir être entendues. Mais je voudrais d’abord dire que je ne fais aucune fixette sur Didier Reynders. J’ai pour lui de l’affection et de l’admiration. Il me fascine par sa fulgurance intellectuelle et sa capacité à dépiauter des dossiers. Ce serait trop facile de dire que tout est de sa faute. Mais il doit comprendre certaines choses. Et d’abord que des gens souffrent au MR. Il y a une richesse de personnalités pour porter les idées du parti. Or elles ne sont portées que par son entourage proche. Le MR ne se confisque pas. Le MR manque de démocratie interne. Le MR a bien besoin de toutes ses forces humaines. Le MR a l’urgent besoin d’un réchauffement climatique.

Ce qui ne passe plus, ce sont les cumuls de Didier Reynders...
C.D. - Sa tâche est surhumaine. Je ne sais pas comment il fait. Cela dit, en 2004, quand on a élu Didier à la tête du MR, personne n’a rien trouvé à redire à son cumul. Moi comprise. A partir de 2007, avec l’Orange bleue et la crise, il faut bien constater que ce modèle nous a entraînés dans une spirale extrêmement négative. C’est le syndrome de l’entraîneur de foot: tant qu’il gagne on ne se pose pas de questions, quand il perd il en prend plein la figure. Il est vrai qu’ici, l’entraîneur était aussi attaquant, milieu, défenseur et gardien.

Il faut donc changer l’entraîneur?
C.D. - Il faut en tout cas se mettre à table et que les opinions divergentes soient respectées. Il n’y aura pas de réunification du parti si on n’ouvre pas très rapidement les volets de la discussion. Vous savez pourquoi, comme d’autres voix qui se sont élevées, je prends mes responsabilités en prenant des risques? Parce que mon attachement aux valeurs du MR est profond. Ma peur n’est pas personnelle. Ma crainte, c’est que nos fractures aillent trop loin, et qu’on devienne une espèce de PS français, profondément déchiré. C’est ça qui me motive.

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