
L'obésité n'est pas un signe de laisser-aller, c'une maladie. Parce qu'elle se transmet par la nourriture industrielle, nous sommes tous à risque.
Quand on nous dit "pandémie", on pense au sida ou à la grippe A. Pourtant, une autre épidémie planétaire provoque bien plus de ravages: environ deux milliards d'adultes sont en surpoids dans le monde et 400 millions seraient obèses. C'est la première pandémie de l'histoire qui ne soit pas infectieuse, mais métabolique. Elle n'en est pas moins dévastatrice, puisqu'elle est la deuxième cause mondiale de mortalité évitable, après le tabagisme. Mourir de trop manger, de mal manger... Paradoxal quand on sait qu’un milliard de personnes souffrent de la faim. Un paradoxe qui ne fonctionne plus uniquement selon l'axe Nord-Sud. Dans de nombreux pays, surpoids sévère et famine coexistent! L'obésité, c’est la maladie des pauvres dans les pays riches (Etats-Unis, Angleterre) et celle des riches dans les pays pauvres (Brésil, Inde, Mali), là où le luxe est de manger aussi mal qu'en Occident. L'obésité, c'est le mal de l'abondance, mais d'une abondance au rabais. C’est l’épidémie de la calorie achetée pas cher et mal dépensée, physiquement.
En Belgique, avec 44 % de la population en surpoids et près de 13 % d'obèses, nous sommes au-dessus de la moyenne européenne. Le surpoids cumulé des Belges atteindrait 45.000 tonnes, soit en moyenne 4,2 kg de trop par personne. Actuellement un adulte sur deux et un mineur sur cinq ont un poids qui menace leur coeur. Ils sont également plus vulnérables aux accidents vasculaires, au diabète, aux cancers (du sein et du côlon, surtout). Et la liste des pathologies liées à l'obésité ne cesse de s’allonger: augmentation du risque d'alzheimer, de sclérose en plaques... Ces kilos en trop sont des poids morts qui nous tuent.
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Soyons juste: ce manque de courage politique n'est que le reflet de notre propre inertie. Chacun sait ce qu’il doit faire pour réguler son poids et améliorer sa santé. Et les obèses le savent sans doute mieux que les autres. Mais, souvent, savoir n’est pas pouvoir. Le lundi matin, on se lève plein de bonnes résolutions: manger léger et sain. Mais au fil de la journée, les autres préoccupations s'accumulent et on n'a plus qu'une envie: se faire plaisir. C’est un fait, on craque plus souvent pour "une crasse" le soir que le matin et le vendredi que le lundi. La "junk-food" est associée dans nos esprits à "détente". A l'opposé, "manger sain" est perçu comme un effort, insurmontable après une dure semaine de travail. A tort ou à raison, il nous semble plus difficile, plus cher, plus fatigant de nous alimenter correctement.
Alors, pour se rassurer et se "racheter" une conduite, on remplit notre caddie de produits "light". Un petit mot qui rend le coeur léger. Et tant pis s'il cache toute une série de produits chimiques (aspartame, gélifiants), dignes d'une recette d’apprenti sorcier. Saviez-vous que pour "alléger" des produits, on utilise de la gélatine issue de... couenne de porc? Mais pour la personne en surpoids qui veut maigrir vite, peu importe le contenu de ces produits aux termes contradictoires que sont les "beurres allégés" ou les "sodas light". Elle les avale comme une pilule miracle. Parce qu'en fait, elle ne sait plus quoi faire d'autre.
Ils sont nombreux, les obèses qui ont "tout essayé", de Montignac à Weight Watchers. Souvent, ils souffrent d'un surpoids depuis l'enfance ou l'adolescence. Que ce soit dans la cour de récré, dans la rue, au sein du couple, lors d'un entretien d'embauche, tous en ont bavé à un moment ou à un autre. La violence psychologique qu'ils subissent est partout. Sur les affiches publicitaires, mais aussi derrière des propos qui, sous prétexte d'être "sans tabou", frisent la discrimination pure et simple. Voire l’appel au mépris. Souvenez-vous de la façon dont la compagnie Ryanair avait réussi à faire parler d'elle en annonçant une taxe supplémentaire sur les passagers obèses. Ou encore de ces calculs, innocents en apparence, de l'empreinte carbonique des "gros" Européens, de 9 % supérieure à celle des minces. En plus de sug
Tags: malbouffe, bébé, obésité, pandémie, bébé miracle, enfant prématuré
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