Arbitrage vidéo: Le mondial 2010 sous haute surveillance

Arbitrage vidéo: Le mondial  2010 sous haute surveillance
actu societe05/01/2010 09h50

A l'heure du bilan, on pourrait parler de Barcelone, la plus grande équipe de l'histoire du foot. Mais c'est sur la main de Henry qu'il faut revenir.

Joueurs, arbitres, entraîneurs... Sur les terrains, l’assistance vidéo fait pratiquement l’unanimité. Pourtant, le Board, l’instance internationale qui
décide des lois du jeu, et la Fifa résistent, invoquant des contraintes tant économiques que techniques.

Dans ce débat relancé par la main d'Henry, nous avons rassemblé les arguments de chacun, des plus grands entraîneurs aux instances les plus officielles. Et nous les avons confrontés aux dispositifs déjà existants dans d’autres sports.

 A coup sûr, Martin Ingvarsson, quatrième arbitre de France-Eire, a rejoint les rangs grossissants des partisans de l’arbitrage vidéo. Le 18 novembre, il aurait adoré disposer de cet écran de contrôle dont le prive la Fifa, plutôt que d’errer sur la ligne de touche, désemparé. Il aurait voulu secourir Martin Hansson qui validait le but de William Gallas malgré la main de Thierry Henry, mais n’a pas eu la "chance" de Luis Medina Cantalejo, quatrième arbitre de la finale de Coupe du monde 2006, qui vit le coup de boule de Zinédine Zidane sur un poste vidéo placé pour une raison inconnue dans sa zone technique. Ce soir-là, comme l’a récemment raconté le gardien italien Gianluigi Buffon sur Canal +, "tous lesarbitres étaient dos à l’action et ont vu la vérité à l’aide de la vidéo". D’où le carton rouge brandi en parfaite infraction au règlement. Au moins, ce soir-là, à Berlin, la vidéo avait permis de punir un acte contraire au jeu.

Les acteurs sont pour

Au lendemain de France-Eire, dans un bel ensemble, l’élite des coaches européens a exprimé son désir d’arbitrage vidéo. Ainsi, le Barcelonais Pep Guardiola croit qu’il "permettrait d’éviter en quelques secondes des injustices qu’on ne souhaiterait plus voir dans un stade". Arsène Wenger se situe sur le même terrain: "L’arbitre de France-Eire a validé un but en se doutant que quelque chose clochait. Une équipe a été spoliée. Nous ne pouvons plus l’accepter". Partisan du maintien du contrôle de la partie à l’arbitre, le boss d’Arsenal souhaite qu’il puisse disposer d’une aide en cas de besoin: "Tous les cas litigieuxne seront pas réglés, mais on en éliminera le plus possible". Conclusion du Français: "Il est inacceptable que le football permette à des milliards de gens de voir un fait de jeu et que ce soit l’avis de la seule personne qui ne l’ait pas vu qui prévale".

 Selon Alex Ferguson, "si on demande aux joueurs et aux entraîneurs, on aura la même réponse: oui, la technologie a un rôle à jouer dans l’arbitrage". Ce fait établi, le coach de Manchester United se veut fataliste: "Les gens qui dirigent ce sport s’en remettent au jugement humain. Nous n’avancerons pas tant qu’ils garderont cette position. C’est eux qu’il faut convaincre..." En France, des sondages récents ont montré que techniciens et joueurs pros soutiennent l’idée de l’assistance vidéo à plus de 65 %. Et l’activiste le plus zélé est sans conteste Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, qui a multiplié les initiatives au point de subir les menaces de Joseph Blatter, le patron de la Fifa. Florilège de ses saillies: "Le refus de l’expérimentation vidéo est une insulte à l’intelligence" ou "Ce refus du progrès dans le sport de haut niveau tue les arbitres et le jeu en même temps". Et encore "La vidéo, tout le monde est pour. Sauf deux personnes: Blatter et Platini, qui devrait être plus à l’écoute du foot européen". En 2005, Frédéric Thiriez a reçu le soutien de l’Association européenne des ligues professionnelles.

Les décideurs sont contre

 Dans le rôle du méchant: Michel Platini. Lui qui défendait le recours à la vidéo lorsqu’il dirigeait l’équipe de France (1988-92) en est devenu un ardent opposant depuis son élection à la tête de l’UEFA, en janvier 2007. Un postulat encore martelé après France-Eire: "Par expérience et d’un point de vue économique, ce n’est pas la solution. On parle de vidéo pour les grands matches,

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