
Contre le cancer, les fruits ne seraient pas aussi efficaces qu'annoncé. Quant au vin, il déchaîne les passions. Démêlons le vrai du faux.
| Tweet |
En Belgique, un homme sur trois et une femme sur quatre développeront un cancer avant leur 75e année. La faute, en partie, à notre mode de vie. Et à notre alimentation. Le problème: après avoir été portés aux nues pour leurs vertus bénéfiques, certains aliments et nutriments réputés anticancers sont contestés le lendemain par des études contradictoires. On se souvient ainsi du bêtacarotène, vanté pour ses bienfaits supposés contre le cancer du poumon. Jusqu’à ce qu’une enquête portant sur 18.000 personnes mette fin sans délai à l’expérience: pris sous la forme de gélules, le carotène favorisait précisément… la tumeur qu’il était censé combattre!
Autre exemple: le lycopène, qui donne à la tomate sa belle couleur rouge, déclaré par de nombreux travaux comme antioxydant majeur contre le cancer, a été recalé, faute de preuves suffisantes, par l’Agence américaine de l’alimentation et des médicaments (FDA). Le soja et le lait subissent actuellement une traversée du désert après avoir été vantés par des nutritionnistes réputés. A l’inverse, le vin, dont on a longtemps loué les vertus dans la prévention des maladies cardiovasculaires et cela sans augmenter le risque de cancers, est devenu hors-la-loi. Le Fonds mondial de recherche contre le cancer a affirmé que toute consommation d'alcool, aussi limitée soit-elle, augmentait le risque d'apparition de certains cancers, dont celui du sein et du système digestif. Entre-temps, en France, de très sérieux défenseurs du "vin avec modération", comme le Haut Conseil de santé publique ou l'oncologue très médiatique David Khayat, réhabilitent le pinard sans dépasser deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes.
Ces retours de fortune affectent jusqu’aux sacro-saints "cinq fruits et légumes quotidiens". Alors que l'Enquête de santé montre qu'entre 2004 et 2008, les Belges ont augmenté leur consommation quotidienne de fruits et de légumes, ceux-ci perdent de leur aura "anticancer". Selon l'étude Epic, le bénéfice d’une consommation quotidienne de fruits et légumes, recommandée depuis 1990 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), serait en réalité bien moindre que les 20 à 25 % de réduction de risques annoncés. Il ne s'agirait "seulement" que de 3 % de risques de cancer en moins par portion journalière de 200 grammes de fruits et légumes.
Dérisoire? "S’il est extrême de considérer que l’alimentation peut prévenir tous les cancers, il ne faut pas la négliger pour autant, explique Paolo Boffetta, directeur de l'étude et chercheur à l’Ecole de médecine Mount Sinai, à New York. Ne serait-ce que parce que les excès de calories entraînent surpoids et obésité, lesquels sont des facteurs de risque déterminants des cancers. Si la consommation de fruits et légumes apporte un bénéfice plus modeste qu’attendu et annoncé, il n’en reste pas moins réel et non négligeable. Hors tabac, on compte peu de facteurs étudiés ayant un lien de cette importance avec le cancer." Un risque réduit de 3 %, c'est déjà ça, donc. Mais cette étude n’en a pas moins fait l’effet d’un pavé dans le jardin potager nutritionnel, venant nourrir le doute sur l’existence d'"aliments santé": les régimes anticancers existent-ils vraiment?
Tags: cancer, Promo, mini-guide, coiffeur, régimes
Sélection moustique
Les plus lus
Articles récents
Moustique du 16 mai 2012
Se connecter pour ajouter un commentaire