
Le web peut devenir dangereux pour un enfant livré à lui-même, dans un média qui fait la part belle aux identités virtuelles.
Publication d’une photo compromettante mettant une mineure en scène, élève renvoyé pour avoir créé un groupe Facebook contre un enseignant, usurpation d'identité électronique, rencontre avec des adultes aux motivations passablement floues… Ces derniers mois, les faits divers liés à Internet se sont multipliés, à la mesure de la généralisation de son usage par les plus jeunes, et souvent sans que ceux-ci prennent conscience des conséquences de certains de leurs actes. Cette problématique, parents et enseignants tentent d'y répondre de diverses manières, pas toujours efficaces.
Certes, on connaît les précautions de base: installer des logiciels de surveillance ou des moteurs de recherche adaptés. Mais il est difficile de poster un adulte derrière chaque ado, délicat de scanner les forums de ses blogs favoris ou d'espionner ses conversations sur MSN… Des solutions - inédites - existent pourtant, qui facilitent l'entrée des plus jeunes dans le monde impitoyable des identités virtuelles.
Christophe Butstraen est médiateur scolaire pour l'enseignement secondaire. Il fait partie d’une équipe de 30 agents qui interviennent dans toutes les écoles de la Communauté française, chaque fois que s'y déclare une "crise" mettant aux prises élèves et usage problématique d'Internet. Un phénomène qui est apparu graduellement. "Cela a démarré vers 2003, et c'est devenu plus régulier cinq ans plus tard, quand MSN et les blogs ont pris de l’ampleur, et quand les GSM avec appareils photo à prix démocratique sont apparus sur le marché." L'émergence de Facebook a donné un coup d'accélérateur au phénomène. Aujourd'hui, quatre millions de Belges sont inscrits sur un réseau social, dont énormément de jeunes. "Neuf élèves sur dix possèdent un profil sur Facebook dès les deux premières années du secondaire, expliqueChristophe Butstraen. Officiellement, ce réseau est interdit aux moins de 14 ans, mais ils mentent sur leur âge."
On imagine le nombre potentiel de situations conflictuelles auxquelles le médiateur, l’école et les parents peuvent être confrontés et doivent réagir. A Nivelles, deux écoles primaires ont imaginé une solution originale dans le cas d’injures à l'égard d'un autre élève publiées sur Facebook. L’insulte n’étant pas trop grave mais publique, la direction a exigé que la réparation soit de la même teneur. Elle a demandé au responsable de publier des excuses sur son propre profil.
"Quand je suis contacté par une école ou par un parent, c’est surtout pour des problèmes liés à une méconnaissance du droit à l’image et à du téléchargement illégal, raconte Christophe Butstraen. Mais aussi pour du harcèlement. Ceci dit, relativement peu de dossiers connaissent des suites judiciaires." Et de plaider pour davantage de prévention: "Les règlements intérieurs des écoles commencent à insister sur les nouvelles technologies, de nombreuses initiatives se créent. Mais à un moment donné, il sera indispensable de mettre tous les partenaires autour de la table."
Pour, par exemple, généraliser l'usage du "SuipaMoi"? Ce projet a été développé en partenariat avec le service Jeunesse de la Ville de Charleroi, puis repris par le centre EnerJ, qui organise des ateliers de formation à Internet depuis sept ans. "SuipaMoi est un programme destiné aux écoles de l’entité de Charleroi, explique Carine Aernaut, secrétaire et animatrice d'EnerJ. Il s'adresse aux élèves de 5e et 6e primaire. Mais pour qu'il puisse avoir l’impact voulu, nous veillons à ce qu'aucun doubleur n'y participe."
Ce mercredi 12 mai, le centre accueille dans ses locaux une sixième de l’école communale de Charleroi. Une fois les élèves installés, l'animatrice leur annonce le programme de la journée: ils sont invités à chatter entre eux ou avec l'extérieur, en toute liberté. Il leur suffit de choisir leur pseudo et de s'inscrire sur un site sélectionné par le centre. Les élèves fon
Tags: Facebook, internet, make-up, relooking, avant-après, ados, MSN
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