La France qui perd

La France qui perd
actu societe13/07/2010 09h57

Politique, foot, gastronomie, culture... Pourquoi nos voisins du Sud passent un 14 Juillet bleu-blanc-rage.

 Le président a annulé la traditionnelle garden-party du 14 juillet, jour de fête nationale, à l'Elysée. Officiellement pour montrer l'exemple. L'Etat doit aussi réduire son train de vie. Mais de toute façon, le cœur n'y était pas. La République ne va pas bien: élimination des Bleus, déclin de la culture française, mauvaise passe économique. C'est dans la tête et dans les jambes.

 En plus, le sort s'acharne. Depuis des mois, Nicolas Sarkozy tente d'attirer l'attention des Français sur la question de l'identité nationale. Une source inépuisable de palabres comme Paris en raffole, mais qui a aussi l'avantage d'imposer le silence sur les vrais sujets qui fâchent. Le 6 juillet dernier, on touchait enfin au but. Les députés français entamaient leurs discussions à propos d'une loi interdisant le port de la burqa. Las, le fait est passé quasiment inaperçu. Car ce même jour, de nouvelles révélations dans l'affaire Bettencourt éclaboussaient le sommet de l'Etat. L'héritière de L'Oréal, grosse fortune française, aurait versé en sous-main 150.000 € à l'UMP de Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle.

 C'est rageant: on tente de distraire l'opinion sur le dos de cette frange de la population bronzée et adepte du foulard, et voilà qu'on se retrouve à la une avec une affaire de criminalité en col blanc pur porc, d'origine contrôlée. La magouille, voilà peut-être la vraie tradition républicaine. Une nouvelle raison de râler pour des Français qui pourtant en avaient déjà beaucoup d'autres.
Jean-Laurent Van Lint

Et un, et deux, et trois zéros

 Le foot est un sport qui se joue à onze et où la France ne gagne jamais à la fin. Démonstration en trois points.

1. Jusque récemment, les Bleus perdaient à cause de l'arbitre, des Allemands ou de cette particularité toute française: finir quatrième quand le podium compte trois places. Et tout allait bien. On disait dans nos cours de récré que les Français s'étaient choisi le coq comme emblème parce que c'était le seul animal qui chantait les deux pieds dans le fumier. Mais au moins, il chantait.

2. La victoire de 1998? Une illusion. Comme l'écrivait Le Monde il y a quelques semaines, le football français n'a pas "tué la mère", entendez cette fameuse finale remportée contre le Brésil, mère de toutes les victoires ô combien castratrice. Depuis lors, d'autres nations ont fait évoluer leur jeu. La France, elle, a campé sur ses dogmes et s'est choisi un autre entraîneur qui croit avoir raison contre tout le monde. Un autre mal français.

3. La génération black-blanc-beur qui avait muselé Ronaldo en finale avait été érigée en modèle de société. Aujourd'hui, on ne se gêne plus dans l'Hexagone pour dénoncer, quelques années après Le Pen, cette bande de bougnoules des cités trop gâtés, incapables de chanter la Marseillaise. Depuis que les Bleus ont gagné, la France a tout perdu.

[...]

Le déclin français vu par...

Nicolas Baverez, auteur de La France qui tombe
 En 2003, il avait créé la polémique avec un livre qualifié de "décliniste". Sept ans plus tard, à la réflexion, les constats étaient valides. Chaque année, l'économie française se dégrade en regard de celles de ses voisins.

Eric Zemmour, dans Mélancolie française (prix du livre incorrect 2010)
 Résumé: la vraie place de la France est celle d'héritière de Rome. Mais ni Louis XIV, ni Napoléon ne purent la lui rendre. La faute aux Anglais hier, à l'immigration et à l'Union européenne aujourd'hui.

Eric Zemmour, revu par le journaliste suisse David Laufer
 "La France est en déclin. Et elle est en déclin notamment parce qu'elle promeut des foules de chialeurs inutiles, raffinés et haineux comme Zemmour."

Le quotidien britannique The Times
 Railler la France était auparavant un sport do

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