Monarchie belge: Stop ou encore?

Monarchie belge: Stop ou encore?
actu societe19/07/2010 11h34

Sondé sur notre site, moins d'un lecteur sur deux de Télé Moustique se dit monarchiste.

Voir les résultats détaillés du sondage

C’est devenu une tradition presque aussi vieille que le défilé militaire ou le feu d’artifice. A chaque fête nationale, on se repenche sur la santé de la monarchie belge, sa popularité. Et on fait un petit bilan. Pas de raison que l’édition 2010 du 21 Juillet y échappe.

D’autant que la situation politique actuelle est assez particulière. Depuis les élections du 13 juin dernier, la N-VA est le premier parti du pays. Plus ou moins séparatiste, cette formation est, on le sait, également ouvertement républicaine. Il fut un temps pas si lointain où son actuel président, Bart De Wever, s’ingéniait à ne jamais prononcer les substantifs "souverain" ou "roi" en parlant d’Albert II sur les plateaux télévisés. Il préférait user de la formule plus longue mais moins révérencieuse d’"Albert de Saxe-Cobourg". Pas vraiment un manque de respect envers le roi, juste une manière de rappeler la pièce dans laquelle son parti entendait jouer.

On s’en souvient: les quelques heures précédant la chute du gouvernement en avril dernier s’étaient aussi accompagnées d’un mini-psychodrame, quand le président de la Chambre avait été convoqué par le roi, alors que l'assemblée était en pleine discussion sur la mise à l’agenda de la scission de BHV. Plusieurs parlementaires flamands, dont le bouillant Jean-Marie Dedecker, s’en étaient offusqués, et avaient crié à l’ingérence du palais dans les affaires législatives. Dans la foulée, et en prélude à la campagne électorale, on avait donc reparlé des pouvoirs actuels du roi. A part le cdH, tous les grands partis avaient d’ailleurs reconnu qu’il était peut-être temps de les "repenser". Vincent de Coorebyter, directeur du Crisp (Centre de recherche et d'information socio-politiques), le rappelait déjà dans La Libre Belgique en mars dernier: "On sent que les bases d’un consensus sont là pour priver à l’avenir purement et simplement le roi de signature des lois, de sanction et de promulgation." Son rôle dans la nomination du Premier ministre était aussi évidemment questionné. On l’a à nouveau remarqué avec la désignation de Bart De Wever comme informateur puis d’Elio Di Rupo comme pré-formateur: quand le pouvoir politique belge est forcé de se mettre entre parenthèses, celui du roi paraît plus réel que jamais.

Autant de raisons pour, à l’aune de cette actualité, sonder à nouveau la popularité de la royauté à la belge. Télé Moustique s’est donc fendu d’une petite enquête effectuée auprès de plus de 1.000 de ses lecteurs via notre site Internet. Ceux-ci ont la réputation d'assez bien représenter la population belge francophone. Leur vote révèle donc souvent de vraies tendances. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que certaines sont assez décoiffantes.

Belges paradoxes

Nous avons posé 10 questions, toutes relatives à la monarchie belge, son fonctionnement, et certains des membres de la famille royale. Première surprise: on savait la Flandre sensiblement moins attachée à la famille royale et à la monarchie que Bruxelles et le sud du pays. Vous êtes pourtant plus d’un francophone sur deux, vous aussi, à ne pas vous considérer comme monarchistes. Ceci étant, vous semblez toujours considérer la monarchie comme le ciment de la Belgique. Et sur la question de la limitation des pouvoirs du roi, vous vous révélez plus partagés que le personnel politique actuel.

Par contre, vous êtes plus nettement convaincus qu’il faut réduire les listes civiles de la famille royale, surtout en période de crise. Enfin, quant à la question de Philippe, prince héritier, vous êtes sans pitié. Deux sondés sur trois estiment qu’il n’a pas l’étoffe pour succéder à Albert. Et si vous êtes antimonarchistes, ce ratio monte à plus de quatre sur cinq!

Pour Francis Balace, pol

Tags: ,





Il n'y a pas encore de réactions

Se connecter pour ajouter un commentaire

Twitter