
Les couples "mixtes" se multiplient. Une évolution positive qui n'efface pas les préjugés, les difficultés et les dérives.
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Les couples "mixtes" se multiplient. Une évolution positive qui n'efface pas les préjugés, les difficultés et les dérives.
Lorsque Valérie et Antoine se rencontrent, en octobre 2007, le charme opère. Elle est belge, il est congolais. Valérie quitte aussitôt son copain de l’époque pour s’installer avec Antoine, dans un appartement de Saint-Gilles, à Bruxelles. Ils se marient deux mois plus tard. "On était fous amoureux, explique Antoine. Les différences de culture et de couleur de peau n’avaient aucune importance". L’idylle de ce couple illustre un signe des temps: en 2008, près d’un mariage sur six contracté en Belgique unissait un Belge à un étranger. Dix ans plus tôt, il ne s'agissait que d'une union sur neuf. Une preuve d’ouverture dans une société de plus en plus métissée et libérée de certains préjugés.
Mais d’autres statistiques viennent contrebalancer ce constat: le nombre de séparations "mixtes" a lui aussi doublé ces dix dernières années. Ce n’est pas si étonnant. Lorsque les partenaires partagent les mêmes valeurs, vivre ensemble peut déjà relever du défi. Quand les conjoints ont grandi dans des cultures différentes, c’est encore bien plus compliqué.
Janita, Hollandaise, et Mario, Napolitain, en savent quelque chose. La mentalité germanique progressiste de la jeune femme s’oppose fréquemment à certains principes stricts et au tempérament latin de l’homme de sa vie. Par amour de Mario et de l’Italie, et pour limiter les conflits, Janita s’est parfaitement moulée dans la robe d’une Italienne: elle manie la langue de Dante à la perfection - même le dialecte du village de Mario -, elle sait faire chanter les tomates, l’ail et l’huile d’olive, n’oublie jamais le pain à table… Et, sur les conseils de Mario, elle reste à la maison pour élever leurs quatre enfants.
Un combat quotidien
Mario, lui, se félicite de participer aux fêtes de l’école, malgré sa mauvaise connaissance du néerlandais. Il convie même d’autres parents à savourer sa cuisine, à la maison. Alors que, pendant des années, Mario n’a fréquenté que des Italiens à Bruxelles. Après 15 ans de vie commune et de multiples crises, Mario et Janita ne regrettent rien. "C’est un combat de tous les jours mais ça en vaut la peine", note Janita.
De leur côté, Valérie et Antoine se sont séparés après trois ans. Antoine vivait "à l’africaine", sans horaire ni contrainte, disparaissant parfois plusieurs jours. "Je n'aime pas qu’on me prenne la tête, déclare-t-il. Elle ne comprenait pas ma façon d’être, la mentalité africaine, cette forme d’insouciance, de bon sens basé sur les relations humaines plutôt que sur l’ordre, la performance ou la réussite professionnelle."
Réactions de l’entourage
Au sein d’un couple, les différences entre partenaires peuvent émaner d’origines diverses: l’âge, le statut social, sans oublier le sexe. Le terme "couple mixte" n’est toutefois employé que pour évoquer "une union conjugale conclue entre personnes appartenant à des religions, à des ethnies ou à des races différentes, si ces différences provoquent une réaction à l’environnement social", selon la définition des sociologues français Françoise Lautman et Doris Bensimon. Un couple serait donc mixte lorsque, aux yeux des proches, le conjoint apparaît de prime abord comme une sorte d’intrus.
Sami et Rachel affrontent depuis longtemps le regard hostile d’une partie de leur entourage. La famille juive de Rachel n’a jamais accepté qu’elle aime un Arabe. Ils sont néanmoins ensemble depuis 13 ans. "Et plus on passe de temps ensemble, mieux on se porte", sourit Rachel. Un amour solide et une bonne dose d’obstination ont été nécessaires à cette union qui dure depuis l’adolescence. "La première fois que j’ai rencontré la maman de Rachel, je lui ai tendu la main, se souvient Sami. Elle, elle est restée les bras tendus le long du corps." Lorsqu’elle a
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