Merveilles du monde: Tout doit disparaître?

Merveilles du monde: Tout doit disparaître?
actu societe17/08/2010 11h08

A visiter, jolies villes et beaux sites prêts à disparaître pour cause de réchauffement climatique.

Grosse canicule et gigantesques incendies en Russie. Inondations meurtrières, coulées de boue et glissements de terrain. Au Pakistan, en Chine, en Inde. En Allemagne, en Tchéquie et en Pologne. Cet été, le climat n'a pas été tendre avec l'humanité. Curieuse sensation de déjà-vu. En juin, dans le Var, des pluies torrentielles provoquent morts et chaos. En octobre 2009, en Grèce, des précipitations "subites" sèment la désolation. Plus tôt dans l'année, le centre des Etats-Unis connaît des inondations "sans précédent". En 2008, le fleuve Mékong s'élève à un niveau jamais atteint depuis cent ans. On pourrait multiplier. Il suffit de feuilleter de vieux journaux, pas si vieux d'ailleurs...

Fatalement, face à ces déchaînements successifs de mère nature, la question du dérèglement climatique vient à l'esprit. Sommes-nous, déjà, en train de vivre les prémices de ce grand bouleversement dont la majorité des climatologues ne cessent de nous avertir? Malgré les ricanements des climato-sceptiques, la vérité semble en effet désormais établie. Oui, la planète se réchauffe. Et oui, la main de l'homme n'y est pas étrangère. Reste encore à en connaître les premiers effets. On sait que certains oiseaux ont modifié leurs comportements. Que la banquise rétrécit. Que des espèces marines, des insectes, remontent toujours plus haut vers un Nord toujours moins froid. Mais le dérèglement climatique, c'est aussi - et surtout - des variations de température plus rapides. Des hivers plus froids ici ou là. Des étés plus chauds... Et des catastrophes naturelles à répétition?

Réaction en chaîne

Pour le climatologue de l'Institut royal de météorologie (IRM) Marc Van Diepenbeeck, les événements de ce début du mois d'août semblent intimement liés entre eux. "C'est ce qu'on appelle les systèmes de blocage, explique-t-il. Un grand anticyclone a longuement stationné sur la Russie, qui a empêché la pluie de tomber, provoquant une canicule. Bloquées de part et d'autre de cet anticyclone, les dépressions ont provoqué de fortes précipitations en Allemagne, Pologne, Tchéquie, où il y a eu des inondations. Mais aussi en Chine, au Pakistan et en Inde, augmentées par le phénomène annuel de mousson. Et comme ces dépressions sont restées alimentées en eau grâce à la relative proximité de la Méditerranée et de l'océan Indien, elle ont donné des précipitations catastrophiques."

Faut-il pour autant y voir une conséquence directe du réchauffement climatique? La réponse est évidemment fort nuancée. On connaît la prudence de Sioux dont les scientifiques font preuve dès qu'il s'agit de tirer ce genre de conclusions. Pour le vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), Jean-Pascal Van Yperzele, il devient pourtant parfois difficile de nier l'évidence. "Dans le dernier rapport du Giec, je vois que les vagues de chaleur deviennent de plus en plus probables, que les événements de fortes précipitations, de pluies torrentielles deviennent également de plus en plus probables; que les régions affectées par la sécheresse deviennent plus importantes, expliquait-il la semaine dernière dans l'émission de la RTBF Matin Première, interrogé par le journaliste Arnaud Ruysen. Tout cela est cohérent avec ce que l’on voit maintenant. Cela ne veut pas dire qu’on peut attribuer chacun des événements auxquels nous faisons face maintenant au réchauffement du climat. Mais disons que cette accumulation suggère tout de même que le climat est sérieusement perturbé."

La faute au volcan?

Plus circonspect, Marc Van Diepenbeeck, de l'IRM, rappelle tout de même l'incroyable décalage existant entre le temps des hommes et leur courte mémoire, et la réalité de cataclysmes naturels qui interviennent de manière régulière. Du moins à l'échelle de l'histoire du monde. "En 1821, déjà, le ministre français de l'Intérieur écrivait aux préfets de France, s'inquiétant, suite à de très graves inondations dans le Var, d'un clim

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