
Le réformateur réclame une nouvelle méthode. Le vieux sage s'avoue (co)responsable du foutoir actuel.
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Entre Didier Reynders, Louis Michel ou Olivier Maingain, il peine parfois à se faire entendre. Pourtant, techniquement, Gérard Deprez reste le président d'une des trois composantes officielle du MR. Certes, son Mouvement des citoyens pour le changement (MCC) joue le Petit Poucet. Et pour certaines mauvaises langues, il ne représente quasiment plus que lui-même. Pas outrageusement apprécié par les caciques de son parti - de son propre aveu - l'ancien président du PSC, 67 ans, a pourtant toujours des choses à dire. Surtout quand on a, comme lui, négocié la formation de cinq gouvernements. La Belgique fédérale? C'est lui qui l'a (co)créée. La verra-t-il mourir?
La semaine dernière, Bart De Wever et la NV-A mettaient fin aux négociations pour la formation du gouvernement, arguant qu'on "n'avançait plus". Cela vous a étonné?
Gérard Deprez. - Pas du tout. Depuis que la NV-A a mis fin à la mission de préformation d'Elio Di Rupo, il y a un mois, on sentait bien qu'elle n'était pas à l'aise avec le scénario en cours. Il n'y a pas que la question institutionnelle: le gouvernement qui est censé sortir de ces négociations doit également se mettre d'accord sur un programme socioéconomique. Et comme seul parti de droite dans une coalition dominée par les partis de gauche, la N-VA se savait très isolée.
Selon vous, ces négociations n'avaient aucune chance d'aboutir?
Aucune chance, je ne sais pas. Il y a toujours quelque chose qui peut se produire, de positif et d'inattendu. Mais sur le papier, quand on voit les programmes des uns et des autres, ça paraissait effectivement très difficile.
On a dit que le MR avait piraté les négociations. Ne serait-ce qu'en rencontrant discrètement Bart De Wever…
Ça me paraît d'une mauvaise foi crasse. C'est comme si des footballeurs accusaient le public de l'empêcher de marquer parce qu'il siffle quand ils loupent une passe. Vous savez, M. De Wever n'avait aucune obligation d'entrer en contact avec M. Reynders ou le MR. S'il l'a fait, c'est parce qu'il en avait envie, parce qu'il comptait en tirer quelque chose.
Ce n'est pas le MR qui a proposé cette rencontre?
Je n'en sais rien. Je n'y étais pas. J'ignorais d'ailleurs tout de cette rencontre, personne ne m'en avait informé.
Vous la comprenez?
Quand je négociais, il ne me serait jamais - mais absolument jamais - venu à l'idée de rencontrer un président de parti qui n'aurait pas été autour de la table. Je trouve cela tout à fait surprenant. Et c'est significatif du malaise de M. De Wever. Mais c'est d'une stupidité totale, comme le fait pourtant madame Milquet, de prétendre que cela a accéléré l'échec des négociations.
N'est-ce pas gênant d'être ainsi courtisé par la N-VA, "grand méchant loup" des francophones?
Ce qui est le plus gênant, c'est l'ostracisme dont le MR fait l'objet dans le camp francophone. Tout se passe comme s'il y avait un cartel des gauches et que le MR était tout simplement infréquentable. Nous ne sommes pas subitement devenus les alliés de De Wever. Imaginez une discussion sur BHV avec la N-VA et M. Maingain à la même table: je ne suis pas sûr que ce serait beaucoup plus commode qu'aujourd'hui.
Autant que le fond, Bart De Wever a critiqué la forme prise par ces négociations. Qu'est-ce qui n'allait pas?
La méthode proposée par les socialistes était basée sur une logique de dépeçage incohérent de l'Etat belge. Elle vient de montrer cruellement ses limites. M. De Wever préférerait, lui, travailler sur la base de l'hypothèse intellectuelle suivante: les entités fédérées ont tous les pouvoirs. Sur cette base, que décident-elles de mettre en commun? C'est une méthode parmi d'autres, avec laquelle le MR n'est d'ailleurs pas forcément en désaccord. Et qui a l'avantage, elle, de ne pas avoir échoué.
Cette nouvelle méthode pourrait-elle être acceptée par le FDF? El
Tags: Bart de Wever, Elio Di Rupo, Didier Reynders, MR, Olivier Maingain, Gérard Deprez
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