
Soudures saturées en plomb, peintures toxiques: les jouets n'offrent pas forcément tous les gages de qualité. Mais des labos veillent...
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Saint Nicolas, ayez pitié d’eux! Si les animaux ont leurs souris de laboratoire, les peluches et poupées ont aussi leurs cobayes, leurs martyrs sacrifiés pour la bonne cause. Objectif: garantir la sécurité de nos chérubins. A Lot, dans la banlieue de Bruxelles, le labo de cette grande chaîne de jouets - la première en Belgique si on lorgne du côté des parts de marché - s’apparente à une véritable salle de torture. Pinces, scanner, marteau, cylindres formatés…, les outils s’alignent en rangs serrés face aux étagères de poupées qui pleurent, de tapis-puzzles en mousse et autres voiturettes téléguidées. Dans un instant, Daniel, alias Margi, électromécanicien de formation, va sonner la dernière heure de la pauvre chenille mauve, déjà découpée en deux sur son établi, le ventre gonflé de fils électriques et de soudures apparentes.
Son verdict tombe, imparable: "trop de plomb dans la soudure. Regardez vous-même sur le scanner (un outil de pointe qui a coûté 25.000 euros). La tolérance est normalement de 0,1 % de plomb. Ici on est à 2,69 %". Le ventre de la chenille rejoint la poubelle. Chaque jour, Daniel remplit des sacs de jouets désossés, décortiqués, mais surtout pas assez sûrs pour se retrouver dans toutes les petites mains.
Dans cet atelier qui a gardé la couleur de l’enfance, mais où les tortures infligées donneraient des cauchemars aux plus endurcis des garnements, les tests se multiplient tout au long de l’année. Quand on voit les nombreux retraits de produits usinés en Chine ces dernières années, on n’est jamais trop prudent. Or, aujourd'hui, plus de 99 % des jouets vendus dans nos magasins proviennent de ce pays. En fait, seules deux grandes marques, Lego et Playmobil, continuent à fabriquer en Europe. "Tout ce qui vient de Chine n'est évidemment pas mauvais, analyse Daniel Bral, responsable de la qualité chez Dreamland, mais il faut contrôler, encore et toujours." Et c’est ce à quoi il s’applique avec ses collègues, en plus d’imposer aux fabricants asiatiques des cahiers des charges stricts.
"Nos acheteurs se rendent en Chine dès septembre... pour la Saint-Nicolas de l’année suivante. Ils en reviennent avec des échantillons que nous étudions. Quand nous passons commande, nous testons à nouveau au hasard, pour vérifier si le produit est conforme. Et dans l’intervalle, nous demandons à nos fournisseurs des rapports de tests opérés par des laboratoires accrédités. Ce n’est pas obligatoire, mais ça le sera dès 2011." En mettant de la sorte la pression sur les fournisseurs chinois, en leur faisant comprendre que tout sera repassé au crible, M. Bral admet que ses interlocuteurs se montrent d’emblée plus vigilants.
Pas de vente donc sans garantie de qualité! Le premier contrôle est visuel: il s’agit de déchiffrer l’emballage et de vérifier qu’il porte bien le sigle CE, qui signifie que le fabricant a produit le jouet conformément aux règles européennes. Ensuite, chaque catégorie de jouet est déballée et analysée en profondeur, avec une attention toute particulière pour les jouets destinés aux moins de trois ans, les consommateurs les plus vulnérables, ceux qui ont tendance à tout porter en bouche.
2.200 échantillons par an, tous différents. 42 par semaine en moyenne. "Au début de nos tests voici six ans, un jouet sur quatre était non conforme. Aujourd’hui, ça s’est légèrement amélioré: 18 %." Un sur cinq. Cela fait tout de même 396 jouets impitoyablement recalés et renvoyés aux fournisseurs. Certains sont améliorés et rendus conformes. La plupart ne réapparaîtront jamais en magasin…
"Margi" passe alors à la démonstration. L’emballage une fois ôté, il empoigne une voiture en plastique et son petit conducteur puis les retourne dans tous les sens pour vérifier l'absence d'aspérité tranchante. Ensuite, sans aucun état d’âme, il les balance cinq fois au sol, d’une hauteur de 85 centim
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