
Quand deux historiens, l'un Flamand, l'autre Wallon, se penchent sur le passé de notre pays, que nous racontent-ils?
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L'histoire de Belgique fait-elle encore recette? Oui, surtout la fin. Actualité oblige… Après Bye-bye Belgium, en 2006, ou plus récemment Questions à la une, la VRTs'est penchée à son tour, le 21 novembre dernier, sur le scénario d'un éclatement de la Belgique (diffusé le même jour en version sous-titrée sur La Trois). Et le 29 novembre prochain, c'est sur La Une que la chaîne publique francophone tentera de répondre à la question "Belgique où vas-tu?".
Pour le reste… La sortie de L'histoire de la Belgique dans la célèbre collection "Pour les nuls" fera au moins office d'inventaire avant liquidation. Ce qui n'est déjà pas une mince affaire: notre roman national est-il autre chose qu'une gigantesque private joke, dans un pays où l'on ne partage plus vraiment le même humour? Et puis, de quelle histoire parle-t-on exactement? Chez nos voisins, on est Français ou Allemand depuis un millénaire. Chez nous, à chaque siècle correspondent de nouvelles frontières. L'éditeur ne s'y est d'ailleurs pas trompé puisque, dès le départ, il tenait à ce que l'ouvrage soit rédigé par deux plumes: l'une néerlandophone et l'autre francophone. Ce sont Fred Stevens de la KUL et Axel Tixhon des FUNDP qui s'y sont attelés. Double perception communautaire, donc, mais aussi générationnelle, puisque Fred Stevens se dirige doucement vers la retraite tandis qu'Axel Tixhon (que nous avons interrogé) n'a pas encore franchi le cap de la quarantaine.
Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué dans ce projet?
Axel Tixhon - L'éditeur First a sollicité Fred Stevens avec comme mission pour lui de trouver un collaborateur francophone. Assez rapidement, il m'a donc contacté puisque nous avions déjà collaboré, dans le passé, en donnant un cours sur l'histoire des institutions belges à l'UCL.
Le timing de cette publication, en pleine crise existentielle de la Belgique, est-il un hasard?
Oui, si ce n'est que notre volonté aurait été de prendre plus de temps. Dans l'idéal, nous aurions aimé connaître l'issue des négociations actuelles, mais nous avons été un peu poussés dans le dos pour achever le travail.
De peur qu'il ne soit pas terminé avant la fin de la Belgique?
(Rire.) Peut-être. C'est, en tout cas, clairement un ouvrage qui a été écrit dans le contexte de la crise actuelle et les grandes interrogations sur l'avenir de notre pays font naturellement office d'arrière-plan. Notre ouvrage n'est pas une réponse à celles-ci, mais plutôt une mise en perspective.
Quand on s'adresse aux "nuls", le cahier des charges est-il plus contraignant?
Au contraire. Nous avons joui d'une grande liberté et cela m'a d'ailleurs surpris. Les contraintes les plus fortes concernaient la forme. Moi, par exemple, je n'aurais pas nécessairement tenu à avoir une sélection des dix personnalités, événements ou sites. C'était un peu lourd et, à mon sens, cela peut fragiliser le texte.
Le Belge qui a, normalement, suivi des cours d'histoire à l'école va-t-il apprendre quelque chose?
Je l'espère. Dans un premier temps, nous pensions écrire tous les chapitres à deux, mais comme nous étions pressés par le temps, nous avons bien dû nous répartir les chapitres. Avant que chacun relise le tout. En tant que Belge francophone, j'ai appris toute une série de choses sur la perception de notre histoire par les Flamands.
Il y a eu débats, voire disputes, entre les deux auteurs?
Pas sur les chapitres qui concernent l'histoire plus ancienne, mais bien au sujet des événements plus récents. Je me souviens de longues après-midi, qui finissaient assez tard, durant lesquelles nous échangions nos manières de voir. Sur les aspects culturels, je n'ai aucun problème à admettre que la langue et la culture flamandes ont été menac
Tags: Belgique, Histoire, Axel Tixhon, Fred Stevens
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