
Ras-le-bol? Prise de conscience? Tabou il y a deux ans, le séparatisme convainc de plus en plus de francophones...
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La Belgique unie vacille-t-elle sur ses bases populaires francophones? Dans les enquêtes et les sondages qui fleurissent depuis une année se dégage toujours une confortable majorité: celle d’une population qui continue de voir en la Belgique le cadre principal de sa citoyenneté. Mais une nouveauté spectaculaire est apparue: le courant séparatiste prend une vigueur de plus en plus consistante chez les Wallons et les Bruxellois.
Réalisée fin 2007, une enquête de l’UCL révélait que 16 % des francophones étaient persuadés de la disparition prochaine de la Belgique. Six mois plus tard, dans un sondage du Soir, ils étaient 23 %. Une conviction qui se transformait en volonté séparatiste, début septembre, dans un sondage Internet du Vif: un cinquième des Wallons et des Bruxellois francophones désiraient la scission du pays! Prise de température peu fiable? Saute d'humeur passagère? Exagération? Télé Moustique a voulu en avoir le cœur net, en effectuant son propre sondage. Résultat: plus de 23 % des sondés veulent se séparer de la Flandre! Ce qui, il y a à peine deux ans, n'était qu'une vaguelette ultraminoritaire - parfois présentée comme folklorique - s’est transformé en une vague qui grossit de mois en mois chez les francophones.
Mais qu’est-ce qui motive cette levée indépendantiste? Certainement une réaction de fierté et d’orgueil face à une Flandre politique considérée comme humiliante à l’égard des francophones. "Dans la population francophone, note le député MR Denis Ducarme, il y a un sentiment grandissant de ras-le-bol d'être considéré comme quantité négligeable par la Flandre. Ils en ont assez de subir les agressions et les excès flamands. Notamment les discriminations en périphérie bruxelloise et la caricature du Wallon paresseux. Finalement, se disent les francophones, si les Flamands en ont assez de nous, qu'ils partent!"
On assisterait donc davantage à un mouvement de rejet de la Flandre que de la Belgique. A moins, peut-être, que la grave crise politique qui s’éternise ait été révélatrice pour les francophones. Paul-Henri Gendebien, le leader du parti qui prône le rattachement de la Belgique francophone à la France, en est convaincu: "Nous sommes dans une phase d'évolution considérable des esprits. Il y a une acceptation croissante par les Wallons et les Bruxellois de la disparition de l'Etat belge. Les francophones ont parcouru la moitié du chemin. Exaspérés par le comportement flamand, ils se résignent petit à petit à l'échec du fédéralisme belge."
Un sentiment indépendantiste plus profond et plus réfléchi serait donc en train de grandir chez les Wallons et les Bruxellois. Même si elle ne maîtrise pas toujours les subtilités de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, l’opinion publique francophone a confusément senti ce qui s'est produit le 7 novembre 2007, lors du vote unilatéral par les députés flamands de la scission de BHV. Ce jour-là, le consensus belge, seul véritable ciment de ce pays, est mort. Les éclats de rire des élus flamands - et pas uniquement ceux du Vlaams Belang - ont marqué: la nouvelle génération politique flamande applique le diktat. Les tracasseries linguistiques en périphérie bruxelloise, la non-nomination des bourgmestres des communes à facilités, les examens linguistiques pour accéder aux logements sociaux ou aux CPAS ne seront que des confirmations. Et une conviction semble grandir chez les francophones: la Flandre a fait une croix sur la Belgique solidaire.
Côté francophone, les langues politiques se délient. Et les actes symboliques se multiplient. Ce week-end, à Namur, les Fêtes de Wallonie n'auront jamais été aussi allusives: l'invité d'honneur de ces fêtes n'est pas un pays étranger mais la Région bruxelloise! Le message, destiné à la Flandre, est clair: l'espace francophone Wallonie-Bruxelles se prépare à votre indépendance. Nul doute qu'à Namur, Charles Picqué répétera ce qu'il a dit dans ces colonnes il y a une semaine: "Si les Flamands ont le goût de l'aventure, que la Flandre vi
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Les Flamands sont les gagnants de la mondialisation avec le port d'Anvers. Ils font monter les enchères entre Allemands et Anglais pour lesquels son accès est déterminant dans le contrôle des échanges maritimes et commerciaux avec l'Asie. Avec Anvers, les Flamands sont les rentiers de la mondialisation, Ils ne souhaitent donc pas partager avec les Wallons surtout s'ils bénéficient de la protection de l'Angleterre et/ou de l'Allemagne qui leur garantira l'indépendance contre un accès privillégié au port d'Anvers pour la marine marchande britannique et/ou les trains allemands. La France pourra donc tendre la main aux Belges français pour leur proposer son projet républicain comme l'avait imaginer DE GAULLE.
par FREDERIC à 05/06/2011 17:40