2010 par François Pirette

2010 par François Pirette
actu societe28/12/2010 12h30

Que restera-t-il de 2010? Quelques boulettes de pétrole sur une plage de Louisiane, l'émergence de l'iPad ou la dernière saillie de François Pirette?

Que restera-t-il de 2010? Quelques boulettes de pétrole sur une plage de Louisiane, l'émergence de l'iPad... ou la dernière saillie de François Pirette sur la crise politique la plus longue de l'histoire de Belgique? Certes, l'humoriste préféré des francophones ne fait pas rire dans toutes les chaumières. Mais quand il s'agit de railler les travers de ses contemporains, de rebondir sur l'humeur du monde, ses petits drames et ses grandes joies, Thierry Van Cauberg (de son vrai nom) sait y faire comme personne.

Retiré dans sa campagne française depuis quelques années, "sans télé mais avec Internet", Pirette demeure un spectateur averti de l'actualité. Normal: on n'écrit pas un spectacle en ne fixant que son nombril. Un humoriste est une éponge, qui se gonfle des détails du quotidien, pour en expulser ses plus belles vérités. Pirette est un interlocuteur idéal, pour passer en revue l'actualité de l'année.

Rendez-vous donc dans sa Touraine d'adoption, où il nous a reçu bon pied, bon œil, interrompant gracieusement pour quelques heures l'accouchement de son prochain rendez-vous télé. L'occasion de deviser vouvray et blanquette de veau à l'ancienne. De croiser le père Noël local ("Je n'ai jamais vu aucun enfant craindre le père Noël. Par contre, tous les enfants ont peur de saint Nicolas. Vous pouvez m'expliquez cela?"). Mais aussi de s'attarder très sérieusement sur l'"excellente année de l'Eglise catholique", l'imposture Guy Gilbert, les trente-trois mineurs chiliens, sa copine Justine Henin ou la tentation extrémiste de la Flandre. "La crise institutionnelle, je la ressens à Tours autant que si j'étais à Mons. Je le répète car depuis que je ne réside plus en Belgique, certains ne me reconnaissent pas la légitimité de m’exprimer sur le sujet..."

Vous y revenez pourtant très souvent...
Thierry Van Cauberg. - J'y traîne encore mes baskets en moyenne une fois par semaine. Et je la scrute dans la presse tous les jours. Mais l'image qu'elle donne à l'étranger est parfois étonnante. Depuis la crise, la grand-mère de ma femme, française, s'inquiète chaque fois que je reviens en Belgique. Elle craint que je prenne une balle perdue entre deux barricades. Pour elle, Bruxelles, c'est les chemises rouges à Bangkok. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, mais j'avoue que j'ai parfois honte de ce qui se passe dans notre pays.

A ce point?
T.V.C. - Nous sommes une nation industrialisée, avec une qualité de vie appréciable, sans doute une des meilleures sécurités sociales d'Europe et des infrastructures plutôt correctes - je ne parle pas de l'état des routes, sans doute à l'image de la perte d'efficacité de nos institutions. Bref, compte tenu des tous ces avantages, comment se fait-il qu'on en arrive à des revendications politiques comme celles de la NV-A? Notre histoire n'a pas connu d'oppression suffisamment forte d'une communauté sur une autre pour les expliquer à suffisance. On ne s'est jamais entretués, il n'y a jamais eu de massacres, de génocides. Aucun passif historique ne justifie réellement tout cela.

Vous ne comprenez pas les frustrations flamandes héritées du passé? On a tous traité quelqu'un de "Flamand" quand on voulait dire "crétin"...
T.V.C. - C'est vrai. La Wallonie n'a pas toujours été la plus élégante à leur égard: nos blagues commençaient souvent par "C'est l'histoire d'un Flamand qui". Mais au regard de ce qui se trame vraiment aujourd'hui, cela me paraît dérisoire. Certains déplacent ces frustrations vers un terrain beaucoup plus dangereux. Et on sait combien les mécaniques qui sont mises peu à peu en place ont déjà été testées autrefois, dans l'entre-deux-guerres, et avec quel succès! Je n'ai aucune indulgence pour les gens qui, aujourd'hui, montent une communauté contre une autre; ils n'ont même plus l'excuse d

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